Mentoring : quand les femmes s'entraident pour réussir au travail

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Les femmes à la tête d'entreprise peuvent être mises en relation avec d'autres cheffes d'entreprise qui pourront les conseiller.
Les femmes à la tête d'entreprise peuvent être mises en relation avec d'autres cheffes d'entreprise qui pourront les conseiller.
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© Adobe Stock, Monkey Business

Face aux inégalités hommes/femmes qui existent encore dans nos sociétés, de plus en plus d'organismes proposent du mentoring. Une façon pour les femmes de s'entraider et de se soutenir pour mieux réussir dans le monde du travail. Et de mettre fin au cliché qui veut qu'elles soient forcément en compétition les unes avec les autres.

3%. C'est le pourcentage de femmes PDG de grandes entreprises en France en 2017 selon le CSA. Un chiffre qui s'améliore légèrement lorsqu'on s'intéresse à leur place parmi les membres exécutifs (15%). C'est pour pallier à cette inégalité que le mentoring se développe de plus en plus pour les femmes. Une entraide d'autant plus importante pour celles qui sont issues de la diversité puisque, selon une enquête de France Stratégie en 2015, elles ont à diplôme, âge, et lieu de résidence égal, sept fois moins de chance d'accéder à des postes élevés en termes de salaire.

De l'aide à l'université

Cette discrimination commence d'ailleurs tôt, puisque, comme le rapportait l'enquête de l'Insee baptisée "Femmes et hommes, l'égalité en question", en 2013, à caractéristiques et diplômes identiques, les femmes arrivant sur le marché du travail avaient 30% de moins de chances de devenir cadres que leurs collègues masculins. Face à ce problème, des groupes spécifiques ont été créés, comme Le Réseau pour Elles parrainé par la SMEREP et la SMERAG, destinés aux étudiantes qui souhaitent se créer un réseau, rencontrer des professionnels, mais aussi apprendre à se valoriser.

Booster la confiance des dirigeantes de demain

Comme le rapportait Ouest France en 2016, c'est souvent un manque de confiance qui empêche les femmes d'accéder à des postes plus importants. Un constat que relève aussi Bertille Toledano, co-présidente de BETC, dans un entretien à Forbes : "Dans mon secteur, il y a plus de jeunes femmes dans les carrières commerciales que dans les carrières marketing, ce qui montre qu'elles osent moins. À travers le mentoring, je leur montre que c'est possible, que nous ne sommes pas obligées de choisir entre travail et vie privée." Pour Mercedes Erra, fondatrice de BETC, le mentoring est aussi une question de féminisme : "Je pense que c'est mon rôle d'aider, de faire bouger les choses".

Soutenir les chefs d'entreprise

Mais cette entraide concerne également les femmes qui ont atteint le statut de chef d'entreprise, et qui ressentent le besoin d'être épaulées lorsque leur société connaît une période de transition, bonne ou mauvaise. C'est la mission de l'association WBMI (Women Business Mentoring Initiative) qui s'adresse uniquement à celles dont la société a plus de trois ans d'existence. Un moment charnière, comme l'expliquait Annie Combelles (Présidente du Conseil de Surveillance d'Inspearit) à Manager Attitude, puisque, passé cette période, "c'est le vide intersidéral en termes d'accompagnement, d'aides ou de support à l'entrepreneuriat".

La mentor va alors pouvoir "challenger la mentorée sur l'aspect technique des choses, en lien avec la gestion de son entreprise", et l'aider à trouver la solution, sans "trancher pour elle". Pas question non plus d'investir dans la société de celle qu'on aide pour éviter tout conflit d'intérêts puisque ce service est totalement bénévole.

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