Maternités : pourquoi sont-elles de plus en plus nombreuses à fermer ?

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La fermeture des maternités complique le parcours de soin des futures mamans.
La fermeture des maternités complique le parcours de soin des futures mamans.
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© Adobe Stock, serhiibobyk

Laetitia Reboulleau

En France, depuis 40 ans, deux tiers des maternités ont fermé leurs portes. Un constat alarmant qui inquiète les futurs parents, puisque cela peut compliquer leur parcours de soin et représenter un risque lors de l'accouchement. Mais à quoi sont dues toutes ces fermetures ?

Il ne se passe presque plus un mois sans que les médias ne rapportent la fermeture d'une nouvelle maternité. Au cours des quatre dernières décennies, de nombreuses maternités de proximité ont disparu, en particulier dans les petites villes, et cette situation crée la colère des futurs parents. Selon les données recueillies par le journal Le Monde, il restait à peine 500 maternités en France début 2018, et le chiffre continue à baisser.

Des regroupements dus aux normes

En 1972, le décret Dietrich a un impact important sur le paysage des maternités en France, puisqu'il entraîne la fermeture de toutes les structures dirigées par des sages-femmes. Quelques années plus tard, un minimum de lits disponibles dans les maternités est imposé, de même que des normes d'encadrement plus strictes, qui entraînent de nombreux regroupements. "Ce seuil a été établi sur le principe selon lequel une activité trop faible ne permet pas aux équipes la pratique nécessaire à la sécurité des soins pour faire face à un incident au cours de l'accouchement", explique un rapport de la Cour des comptes publié en 2015.

Désormais, il existe trois types d'établissements : le type I avec une unité obstétrique pour les grossesses à bas risques, le type II avec une unité de néonatalogie pour les risques modérés, et le type III, avec en plus de tout cela un service de réanimation néonatale pour les grossesses à risques et les grands prématurés. Les maternités de type I sont les premières concernées par les risques de fermetures.

L'argent, nerf de la guerre

L'aspect économique est évidemment lui aussi à prendre en compte dans les nombreuses fermetures de maternités à travers toute la France. Le rapport de la Cour des comptes de 2014-2015 évoque le "sous-financement structurel des maternités" et "une déconnexion ancienne entre les tarifs et les coûts réels". Pour être rentables, les maternités doivent pratiquer entre 1 100 et 1 200 accouchements par an, ce qui est très difficile pour les plus petites structures, d'où des regroupements nécessaires.

Quelles conséquences pour les futurs parents ?

La justification avancée pour expliquer ces nombreuses fermetures est une volonté d'améliorer les conditions de sécurité lors des accouchements. Mais pour les futurs parents, cela complique grandement la situation. Certaines zones deviennent de véritables déserts médicaux, et ils doivent donc parcourir plusieurs kilomètres, que ce soit pour une simple consultation ou pour le jour de l'accouchement. En revanche, les risques de complications lors des naissances sont nettement moins inquiétants, puisque les maternités restantes sur le territoire français sont bien mieux équipées pour les situations difficiles. Un mal pour un bien ?

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