Les langues régionales, une valeur identitaire qui s'efface ?

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De moins en moins de lycéens apprennent les langues régionales.
De moins en moins de lycéens apprennent les langues régionales.
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© Adobe Stock, Rido

Dans certaines régions, les habitants ne parlent pas que le français. En famille, entre amis, ou même à l'école : les langues régionales conservent encore aujourd'hui une importante valeur aux yeux de celles et ceux qui sont fiers de leurs régions. Mais cette valeur identitaire a tendance à perdre en puissance, et les dernières réformes risquent d'accélérer ce phénomène.

Nombreux sont les Français à être fiers de leur région d'origine. Qu'ils viennent de Bretagne, de Corse ou encore du Nord, et quitte à être qualifiés de chauvins par le reste de la France, ces patriotes régionaux ont fait de leur appartenance une véritable identité qu'ils cultivent à travers des traditions, des symboles. Le drapeau breton, qui semble s'inviter à toutes les manifestations (qu'elles soient sportives, culturelles ou politiques, d'ailleurs) en est une des preuves. Mais les langues régionales le sont peut-être encore plus.

Des langues que l'on parle avec ses aînés

Alsacien, basque, catalan, corse, breton, occitan... Ces langues font partie de l'histoire de nos régions. Elles sont souvent très cultivées en famille, notamment par les grands-parents et arrières grands-parents. Mais elles restent très présentes dans le milieu scolaire également, puisqu'il reste encore des écoles où elles sont enseignées, et qu'elles restaient en option au baccalauréat, afin de permettre aux candidats de gagner des points en plus sans risquer d'en perdre. Du moins, jusqu'à la réforme de l'examen qui a eu lieu en 2018.

Désormais, deux options sont possibles : choisir une langue régionale au titre de deuxième langue vivante, et donc renoncer à l'anglais, l'espagnol, l'italien ou l'allemand, des langues nettement plus utilisées à travers le monde et demandées dans le monde du travail. Deuxième option possible, celle de bien choisir une langue régionale en tant qu'enseignement optionnel, au titre de troisième langue vivante (LVC). Dans ce dernier cas, la note est peu influente voire anecdotique. Elle ne représente plus que 1% du total, ce qui n'a de fait aucun réel intérêt pour les élèves.

Des signaux d'alerte qui confirment un recul

Récemment, l'Oplo (Office public de la langue occitane) affirmait que "du lycée dépend en effet le nombre d'étudiants en langue occitane dans l'enseignement supérieur et, par conséquent, le nombre de professeurs des filières intensives bilingues et extensives. Or, à ce jour, le nombre d'élèves au lycée reste insuffisant, aussi bien pour assurer le développement de l'offre d'enseignement en langue occitane que pour garantir le maintien de l'offre existante." Preuve d'un recul de la langue : on enregistre -44% d'étudiants en langue régionale à Limoges, -32% à Bordeaux... Et l'Occitanie n'est pas la seule région concernée puisque l'Office public de la langue bretonne signalait un recul de l'enseignement du breton de 42% dans les lycées publics et de 32% dans le réseau des lycées catholiques. Pire, l'enseignement du basque en option a chuté de -57,5% sur deux ans en classe de terminale.

Le 21 mai dernier, le Conseil Constitutionnel a retoqué un texte de loi sur les langues régionales, texte qui permettait aux établissements, y compris publics, de pratiquer "l'enseignement immersif" dans une langue régionale. Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer estime en effet que "le français doit être présent tous les jours à l'école", au détriment des langues régionales, donc. Ce qui ne plaît pas vraiment aux associations concernées, qui comptent bien se battre pour changer les choses.

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