Le Blue monday : c'est quoi ?

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Le jour le plus déprimant de l'année tomberait le troisième lundi de janvier.
Le jour le plus déprimant de l'année tomberait le troisième lundi de janvier.
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© Adobe Stock, Contrastwerkstatt

Le troisième lundi de janvier serait le plus déprimant de l'année. Si le froid et les courtes journées jouent évidemment sur le moral, le Blue monday est en réalité un énorme coup marketing. Explications.

Comme souvent en hiver, le moral est au plus bas. Les journées sont de plus en plus courtes, peut-être manquez-vous aussi de sommeil, ajouté au peu de soleil en cette saison, cela à une incidence sur l'humeur. Mais y a-t-il un jour en particulier ou vous vous sentez extrêmement déprimée ? Peut-être le troisième lundi de janvier ? Le jour que l'on appelle le "Blue monday". D'après une équation déterminée par un psychologue, nous en serions tous victimes.

La petite histoire du Blue monday

L'histoire débute en 2005 lorsque le psychologue de l'université de Cardiff, Cliff Arnal, publie une équation qui permettrait de connaître le jour le plus déprimant de l'année. En prenant en compte plusieurs facteurs déprimants, comme la fin du week-end, le début de la semaine, la météo, les résolutions du Nouvel An déjà oubliées, le manque de soleil, la fin des fêtes de fin d'année, les dettes de Noël, le troisième lundi de janvier "Blue monday" se révélerait le plus déprimant.

Blue monday, l'effervescence

Par la suite, plusieurs autres études viennent confirmer les dires de Cliff Arnal. En 2010, des psychologues interrogés par BBC News affirment que la crise économique rend les gens déprimés, persuadés de ne pas pouvoir avancer dans leurs projets. Puis, dans le but de permettre aux entreprises de lutter contre l'absentéisme, un cabinet de conseil étudie en 2013 les pics d'absences au travail, encore une fois, c'est le troisième lundi de janvier qui est pointé. Alors que beaucoup se mettent à y croire, et se remontent le moral en faisant les magasins ou en mangeant du chocolat, la supercherie se révèle.

Blue monday, le coup du siècle ?

Pendant des années, la fraude fonctionne à merveille. Jusqu'au jour où Cliff Arnal avoue la corruption dans plusieurs médias, notamment dans le Sun. En réalité, l'homme a été missionné et payé par l'agence de voyage Sky Travel. L'entreprise communiquait à ce moment-là sur les bienfaits de voyager en janvier, et quoi de mieux pour affirmer ses dires qu'un psychologue qui confirme cela par une équation ? Et le fameux professeur ne s'est pas arrêté là puisqu'il a sévi une seconde fois en étudiant cette fois, le jour le plus heureux de l'année, qui tomberait le troisième vendredi du mois de juin. Et là encore, c'était un coup marketing puisqu'en réalité, l'étude a été faite pour la publicité d'une marque de glace.

Pourquoi le phénomène a pris autant d'ampleur ?

Il est normal de se demander comment la population entière pourrait-elle souffrir de dépression au même moment ? Dans Ça m'intéresse, le psychologue Dean Burnett explique que le fait qu'une équation soit mentionnée a fortement poussé les gens à y croire : "Je crois très fortement que la pseudoscience fait du tort au public. En plus, c'est irrespectueux vis-à-vis de ceux qui souffrent d'une vraie dépression, puisque cela suggère qu'une dépression est un mal temporaire, mineur et expérimenté par tout le monde, plutôt qu'une vraie maladie chronique."

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