La trottinette est-elle le nouveau vélo ?

Chargement en cours
La trottinette fait de plus en plus d'émules. Quitte à détrôner le vélo ?
La trottinette fait de plus en plus d'émules. Quitte à détrôner le vélo ?
1/2
© iStock, sanjeri

Fabien Gallet

Elle a envahi les routes, les trottoirs, les couloirs de bus et même ceux du métro. Bref, la trottinette est partout. Électrique ou mécanique, ce moyen de transport qui ne date pourtant pas d'hier connaît un nouveau souffle, et pourrait presque faire de l'ombre au vélo.

Le vélo doit faire face à une concurrente de taille. Surfant sur la mode des nouveaux engins à roue électriques permettant de se déplacer facilement en ville, qui plus est sans polluer, les fabricants et distributeurs ont misé sur la trottinette motorisée. Zoom sur un succès qui fait beaucoup parler.

Des deux-roues omniprésents

Combien sont-ils, ces jeunes et ces adultes, à avaler le bitume au guidon de leur trottinette ? Il faut dire que ces dernières années, le marché des "engins de déplacement personnel" a explosé. Ainsi, selon les chiffres de la Fédération des professionnels de la micro-mobilité (FP2M) publiés en octobre 2018, ce sont plus de 100 000 trottinettes électriques qui se sont écoulées l'an passé (pour 1,3 million de mécaniques).

C'est sans compter l'apparition ces derniers mois de nombreuses offres de trottinettes en libre-service, principalement dans les grandes villes. Après avoir flashé un code QR avec son smartphone, il est possible de rouler à moindre frais : 1 euro par course et 15 centimes par minute. Une recette qui a de quoi séduire les citadins. Ce n'est cependant pas le seul atout...

La trottinette, gage de praticité et de rapidité

Si la trottinette fait tant d'émules, c'est parce qu'elle est simple à manier et plus facile à "garer" ou à transporter qu'un vélo (plus légère et le plus souvent pliable). Elle permet aux piétons d'être moins encombrés et de ne pas se frotter aux bouchons. Qui la privilégie ? "L'acheteur-type est un adulte de 35 à 50 ans (près de la moitié sont des femmes, ndlr). Il vit dans une grande ville ou dans sa périphérie, et emmène sa trottinette dans le train, le métro, le RER ou le coffre de sa voiture", confirmait à franceinfo: Grégoire Hénin, vice-président de la FP2M, en octobre 2018.

"Grâce à elle, il ira trois fois plus vite qu'à pied", ajoutait-il à juste titre. Et pour cause, si un piéton marche à une vitesse comprise en moyenne entre 5 et 8 km/h, à bord d'un tel bolide, il peut rouler à plus de 20 km/h. Et certains modèles peuvent même rouler jusqu'à deux fois plus vite. Un gain de temps donc...

Quelle législation ?

La trottinette est certes pratique, mais peut se révéler dangereuse, d'autant plus que la réglementation reste encore balbutiante à son sujet, contrairement à celle du vélo. Où peut-on rouler ? Quelles différences entre engins électriques et non-motorisés ? Le site du Service Public tente de répondre à ces questions. Sur le papier, l'utilisation d'une trottinette motorisée est "interdite sur les voiries publiques (trottoirs et voies de circulation)" mais "est autorisée sur les voiries privées". Côté trottinette sans moteur, l'utilisateur "est assimilé à un piéton et doit donc circuler sur les trottoirs", à une allure modérée (6 km/h).

Dans les deux cas, les pistes cyclables étant "exclusivement réservées aux cycles à deux ou trois roues", elles ne sont pas utilisables. Elles le sont toutefois en pratique pour les trottinettes ne dépassant pas les 25 km/h. La réglementation n'étant pas clairement définie, mieux vaut donc faire preuve de civisme et privilégier avant tout sa sécurité et celle des autres. À noter qu'un comportement dangereux peut être puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.