L'immortalité, c'est pour bientôt ?

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L'immortalité est un fantasme de beaucoup d'êtres humains.
L'immortalité est un fantasme de beaucoup d'êtres humains.
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© Adobe Stock, GaudiLab

Qui n'a pas un jour rêvé d'être immortel ? Avec les avancées de la science, de plus en plus de personnes s'imaginent vivre éternellement mais est-ce vraiment une possibilité ? La rédaction fait le point.

Longtemps considérée comme un doux rêve, l'immortalité semble plus que jamais à portée de main. En tout cas, de nombreuses études, plus ou moins sérieuses, se penchent sur la question et des milliardaires investissent en masse dans la recherche. Si certains croient dur comme fer à cette quête, comme le cofondateur de Paypal - et soutien de Donald Trump - Peter Thiel qui finance de nombreux scientifiques via sa fondation, d'autres sont plus "mesurés", comme Mark Zuckerberg qui a investi 3 milliards de dollars de sa fortune personnelle dans une fondation visant à éradiquer toutes les maladies de la planète avant 2100.

Des pistes controversées

La transfusion de sang de personnes plus jeunes pour retarder le vieillissement, la cryogénisation (soit la conservation d'un corps à très basse température dans l'espoir de le ramener à la vie plus tard) ou encore le transfert de conscience dans une autre enveloppe corporelle sont autant de pistes étudiées dans la quête de l'immortalité par l'Homme. Des techniques qui sont pourtant loin de convaincre toute la communauté scientifique. Lors d'une conférence sur l'immortalité organisée en novembre 2017 par la Fondation Groupe EDF à l'occasion du cycle "Next 30 : Quels mondes pour demain ?", le généticien Pierre-Henri Gouyon assurait ainsi que quelques-unes de ces méthodes étaient plutôt douteuses et que l'immortalité n'était en réalité pas pour demain. "Officiellement, on recule régulièrement l'âge où l'on va mourir, mais les choses semblent génétiquement très compliquées : chaque cellule est programmée pour mourir", expliquait-il.

Les méduses, nos alliées dans cette quête ?

Si les hommes ne risquent donc pas de devenir immortels de sitôt, il existe un être-vivant sur Terre, ou plutôt sous l'eau, qui est bel et bien immortel : le turritopsis nutricula. Cette minuscule espèce de méduse a la capacité de se régénérer, ainsi en cas de blessure ou à la fin de sa vie, ses cellules reviennent à leur état primitif. Dans une interview accordée à Libération en 2014, Jacqueline Goy, spécialiste mondiale des méduses, déclarait ainsi : "J'engage les chercheurs à travailler sur le télomère des polypes et à expérimenter sur les cellules souches des méduses." Ce sont donc peut-être ces êtres translucides, parfois vus comme une nuisance, qui nous permettront de percer les secrets de l'immortalité dans le futur.

Mais l'immortalité est-elle vraiment une bonne chose ?

Si l'éradication des maladies liées au vieillissement est bien sûr souhaitable, la vie éternelle l'est-elle pour autant ? Pour Pierre-Henri Gouyon la réponse est claire : non. "Si vous vivez mille ans, combien de fois allez-vous tomber amoureux ? Et avez-vous envie d'être gouverné par quelqu'un qui a déjà vécu 50 fois ?", s'interrogeait-il lors de la conférence. Et le généticien d'expliquer : "Le propre de la nature humaine c'est d'être la seule créature capable d'appréhender sa propre disparition mais d'être complètement incapable de le supporter : l'immortalité est en fait un triste fantasme."

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