Femmes maires : pourquoi sont-elle toujours aussi peu nombreuses ?

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En France, elles sont 5 906 maires à diriger une commune parmi les 34 970 recensées en France.
En France, elles sont 5 906 maires à diriger une commune parmi les 34 970 recensées en France.
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© Adobe Stock, Frédéric Prochasson

À deux jours du premier tour des municipales, qui auront lieu le 15 et le 22 mars 2020, tour d'horizon des femmes maires en France.

En France, elles sont 5 906 maires à diriger une commune parmi les 34 970 recensées en France. Une estimation que le secrétaire d'État à la Jeunesse, Gabriel Attal espère voir grandir au terme des prochaines élections municipales : "Il faut que l'on progresse là-dessus." D'après France Info, moins de deux femmes sur dix sont à la tête d'une commune française : "Le taux de femmes maire est de 18,4% dans les villages de moins de 500 habitants, 15,2% dans les villes de 10 000 à 30 000 habitants ou encore de 16,7% dans les métropoles de plus de 100 000 habitants."

Un manque de parité certain dans le taux d'élus en France, pourtant obligé depuis 2014 de faire apparaître autant de femmes et d'hommes dans les listes électorales des communes de plus de 1000 habitants. France Info rapporte que si "le taux de féminisation des conseils municipaux frôle désormais les 47% contre 35% après les municipales de 2008. En dehors des maires, les femmes ne représentent que 29% des premiers adjoints, 38% des seconds adjoints, 43% parmi les autres adjoints et conseillers". Un constat alarmant et pourtant, 9 Français sur 10 se déclarent "prêts" à élire une femme présidente de la République.

Pourquoi les hommes sont plus présents que les femmes ?

Toujours d'après les informations du journal, les petites communes de moins de 500 habitants, qui ne s'intègrent pas dans l'obligation de parité, sont l'une des sources du problème : "Les villages de moins de 500 habitants représentent les trois quarts (74%) des communes françaises." Et pourtant, dans ces villes, seulement 34,5 % des femmes sont présentes dans les conseils municipaux.

Ouest-France rapporte que, depuis 2017, l'Association des maires de France se penche sur la question de la parité concernant les élus locaux, et lors du congrès des maires en 2018, un forum sur le sujet a été mis en place. Et si l'idée était bonne, peu d'hommes ont pris le temps de s'y rendre. Ainsi, dans la salle, beaucoup parlent de revoir le statut d'élu, dénonçant la difficulté à concilier vie professionnelle et personnelle. Cécile Gallien, maire de Vorey (Haute-Loire) demande de "donner aux femmes comme aux hommes les moyens d'exercer leur mandat dans de bonnes conditions".

Beaucoup d'hommes font obstacle à ces femmes, en quête de reconnaissance et de liberté de pouvoir faire le métier qu'elles souhaitent. Une élue dénonce le fait qu'ils délèguent aux femmes les projets stéréotypés féminin : " À eux, les finances, la voirie, l'urbanisme. À nous le social, l'éducation, la santé." Sans oublier bien évidemment les propos sexistes de ces 84% de maires hommes au pouvoir, et leurs adjoints, majoritairement masculins comme le raconte Marie Givel, maire de Versonnex en Haute-Savoie : "Un jour, l'un d'eux m'a dit : 'T'as mis un décolleté ? Tu pars chasser les subventions ?'". Des propos sexistes, qui poussent les femmes à devoir "en faire deux fois plus et travailler d'arrache-pied".

Comment combler ce manque de parité ?

Si une proposition de loi visant à étendre l'obligation de parité sur les listes électorales des communes de moins de 1 000 habitants a été déposée par la députée LREM Marie-Pierre Rixain, cette dernière n'a pas encore été étudiée et le ministère de l'intérieur y trouve déjà un problème : "La composition de listes sera rendue excessivement difficile dans les petites communes rurales et le principe constitutionnel de pluralisme des courants d'idées et d'opinions ne pourra plus être garanti."

L'Association des maires de France réclame que : "La parité dans les conseils municipaux, y compris dans les communes de moins de 1 000 habitants, la parité aux postes d'adjoints, mixité entre maire et 1er adjoint, idem pour les intercommunalités et la mixité entre président et 1er vice-président." Si l'AFM demandait à ce que ces conditions soient mises en place, en amont des élections municipales de 2020, il semblerait que cela soit compromis...

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