Enterrement écologique : zoom sur un phénomène en vogue

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Les enterrements traditionnels sont assez polluants.
Les enterrements traditionnels sont assez polluants.
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© Adobe Stock, Magnus

Marine de Guilhermier

La question de l'écologie préoccupe de plus en plus les Français. Et s'il y a plein de façons de mener une vie plus éco-responsable, c'est aussi le cas dans la mort ! Découvrez ce qu'est véritablement un enterrement écologique.

Que ce soit l'inhumation, généralement privilégiée dans l'Hexagone, ou la crémation, les pratiques traditionnelles de funérailles ont un impact environnemental assez élevé. Utilisation de la thanatopraxie pour conserver les corps, traitement du bois des cercueils, construction des caveaux, CO2 - et parfois mercure - rejeté lors de la combustion dans le cas de la crémation... Toutes ces étapes particulièrement polluantes (et onéreuses) sont de plus en plus remises en question. Heureusement, il existe des solutions plus naturelles qui tendent à se démocratiser.

Comment passer au vert

Tout d'abord, il faut savoir qu'en ce qui concerne les cercueils, le bois n'est pas la seule option. Le carton, notamment, est une alternative très intéressante. À la fois solide et léger, ce matériau permet de créer des cercueils complètement biodégradables qui peuvent même être décorés avec de la teinture à l'eau. En cas de crémation, cela permet aussi qu'aucun métal lourd ne soit rejeté. Des options plus marginales existent aussi, comme la laine, le papier mâché, le bambou ou l'osier. Sans aller jusque-là, il est aussi possible d'utiliser un cercueil en bois mais issu de forêts gérées de façon responsable.

L'une des pratiques habituelles qui polluent le plus dans le monde funéraire est l'embaumement des corps. Car c'est souvent la thanatopraxie qui est utilisée, soit le fait d'injecter dans le corps du défunt 8 à 10 litres de produits chimiques et toxiques pour en ralentir la décomposition. Des produits qui contaminent ensuite l'air ou la terre. Il est cependant possible de se passer de cette étape et de simplement réaliser une toilette mortuaire ou bien de demander à ce que seuls des produits non formolés soient utilisés.

Des espaces dédiés

Pour aller plus loin, il est aussi possible de se faire enterrer dans un cimetière écologique. S'il n'en existe pas partout, ils se développent de plus en plus. Le premier lieu d'inhumation parisien de ce genre a ouvert fin août 2019 au cimetière d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). "Le premier avantage de cet espace funéraire est la possibilité de laisser une empreinte écologique la plus faible possible", indique Sylvain Ecole, chef de service des cimetières de la Ville de Paris, au site de la capitale. Dans ce cimetière, où la concession est moins chère que dans un traditionnel, l'inhumation des cercueils (exclusivement en carton ou en bois local et sans vernis) se fait en pleine terre. Les défunts doivent en outre être habillés avec des vêtements en fibres naturelles et, bien sûr, ne pas avoir subi de soins impliquant des produits chimiques.

D'autres alternatives possibles

Si en France, la crémation et l'inhumation - qui peuvent donc se faire de façon écologique - sont les seuls modes de funérailles autorisés, d'autres alternatives censées être encore meilleures pour l'environnement existent, bien qu'encore souvent à un stade expérimental. L'humusation, soit la transformation des corps en compost, a par exemple de nombreux défenseurs. Inventée par une Suédoise, la promession consiste à plonger un corps dans de l'azote liquide puis de le placer sur une table vibrante pour le réduire en particules très fines. Enfin, l'aquamation est le fait de réduire le corps en poudre grâce à une solution alcaline.

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