Éducation sexuelle à l'école : où en est-on ?

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De nombreuses fake news ont circulé avant la rentrée 2018 sur les tenants et aboutissants de l'éducation sexuelle à l'école.
De nombreuses fake news ont circulé avant la rentrée 2018 sur les tenants et aboutissants de l'éducation sexuelle à l'école.
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© iStock, damircudic

Polémique, nécessaire ou encore tabou pour certains, le sujet de l'éducation sexuelle à l'école n'est pas mis de côté par le ministère de l'Éducation nationale. Mais alors, quelle place occupe vraiment l'enseignement de la sexualité dans les programmes français ?

En marge de la rentrée des classes 2018, le débat sur l'éducation sexuelle s'est à nouveau invité sur les bancs de l'école. L'occasion de démêler le vrai du faux.

Des fake news qui transforment les programmes

Courant juillet 2018, Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, évoquait l'importance de l'éducation sexuelle dans le milieu scolaire, précisant que les recteurs d'académie recevraient une circulaire sur le sujet, reprenant une loi de 2001. Très vite, cette annonce a donné naissance à un tas de fake news colportées sur les réseaux sociaux. De quoi semer le doute dans les esprits et faire peu à peu enfler la polémique et les amalgames.

Et pour cause, d'après les publications partagées des milliers de fois sur Facebook notamment, le programme scolaire français inclurait dès lors une "découverte des organes sexuels comme source de plaisirs nouveau". Bon nombre d'internautes y ont vu par exemple une initiation à la masturbation dès les classes élémentaires. Aucun rapport avec les programmes français en réalité puisque cette phrase isolée provient d'une étude de la Haute école pédagogique de Lucerne destinée à la formation des enseignants suisses...

Que dit vraiment la loi de 2001 ?

Que retenir, donc, de cette loi mentionnée par Marlène Schiappa il y a quelques mois ? "La loi stipule qu'une éducation à la sexualité doit être dispensée dans les écoles, les collèges et les lycées, à raison d'au moins trois séances annuelles, par groupes d'âge homogènes", explique à L'Express Véronique Séhier, co-présidente du Planning Familial.

Ces séances menées par des enseignants, infirmières ou médecins scolaires, doivent permettre d'aborder des sujets transverses. Toutefois, l'Éducation nationale précise sur son site que ces programmes ne doivent pas être vus comme des "discours sur la sexualité" mais comme "une invitation au dialogue" et une forme de prévention.

Ce qui est censé être abordé à l'école

La circulaire envoyée par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, aux ­recteurs précise que du CP au CM2 (6 à 10 ans), "il ne s'agit pas d'une éducation explicite à la sexualité" mais d'enseigner "l'étude et le respect du corps", "la reproduction des êtres vivants" ou "l'égalité entre les filles et les garçons". "Il n'y aura pas d'éducation à la sexualité explicite à l'école primaire, rien qui heurte le bon sens de tout père ou mère de famille", a par ailleurs précisé le ministre lors de sa conférence de rentrée, fin août 2018. Pour les lycéens, les séances doivent être préventives et offrir une opportunité de discuter "grossesses précoces non désirées, IST et VIH-sida, orientations sexuelles" ou encore "violences sexistes".

Sur le site de l'Éducation nationale, il est par ailleurs précisé qu'à "l'école primaire, les temps consacrés à l'éducation à la sexualité incombent au professeur des écoles" et "doivent être adaptés aux opportunités fournies par la vie de la classe ou de l'école", tels que des questions d'élèves. Au collège et au lycée, les "séances relient et complètent les différents enseignements dispensés en cours" et "sont adaptées à chaque niveau de scolarité".

Toutefois, dans les faits, la loi ne serait pas appliquée partout. En témoigne une étude menée en 2015 auprès de 3 000 établissement scolaires. 25% d'entre eux déclaraient n'avoir mis en place aucune séance. La circulaire évoquée par Marlène Schiappa était donc une petite piqûre de rappel. Reste à savoir si ce manquement relève d'un manque de moyens ou de temps, ou d'une volonté propre des responsables d'établissements, que ce soit pour respecter leurs idéaux ou pour ne pas s'opposer aux requêtes de certains parents d'élèves et autres associations.

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