Écriture inclusive : comment ça marche ?

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Il y a trois principes à suivre pour écrire de façon inclusive.
Il y a trois principes à suivre pour écrire de façon inclusive.
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Marine de Guilhermier

Norme d'écriture ayant pour but de mettre les femmes et les hommes sur un pied d'égalité, l'écriture inclusive a beaucoup fait débat ces dernières années. Mais savez-vous comment elle fonctionne ?

Dans la langue française, le masculin l'emporte sur le féminin. Cette règle - qui est d'ailleurs loin d'avoir toujours existé puisqu'elle n'a été mise au point qu'au XVIIe siècle - est aujourd'hui rejetée par un certain nombre de personnes, qui ont décidé d'utiliser à la place un langage, et donc une écriture, moins sexiste. C'est ce que l'on appelle l'écriture inclusive ou le langage épicène/neutre. Pionnier du sujet, Raphaël Haddad, fondateur de l'agence de communication Mots-Clés et auteur du "Manuel d'écriture inclusive", explique dans un article de Libération que l'idée "est de redonner de la place au féminin, de s'affranchir du masculin générique, neutre, qui est englobant", ce qui passe par trois principes.

Règle n°1

Tout d'abord, et comme l'indique le site ecriture-inclusive.fr créé par l'agence Mots-Clés, rédiger en écriture inclusive, c'est "accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres", c'est à dire écrire "présidente", "pompière", "professeure", "auteure", "chirurgienne" etc.

Règle n°2

Ensuite, il faut "user du féminin et du masculin, par la double flexion, l'épicène ou le point milieu". C'est ce principe qui a le plus provoqué la controverse, certains détracteurs pensant qu'il complique plus qu'autre chose l'écriture. En pratique, cela signifie qu'en parlant d'un groupe composé d'hommes et de femmes, il faut écrire : "elles et ils", "les cheffes et les chefs", "les directeurs et les directrices"... Voici ce qui se fait appeler "double flexion". Pour savoir lequel des deux mots mettre en premier, il suffit de respecter l'ordre alphabétique. Pour les accords, c'est la proximité qui prime. Les mots épicènes sont ceux qui peuvent être à la fois employés au masculin et au féminin, tels que "élève", "membre", "artiste", "journaliste"... Quant au point milieu - qui n'existe pas encore sur les claviers mais que l'on peut obtenir grâce à des raccourcis, Alt+0183 sur PC et Alt+maj+F sur Mac -, il s'utilise ainsi : "agriculteur·rice·s", "candidat·e·s", "lycéen·ne".

Comment choisir parmi ces trois options ? "Au cas par cas", indique Raphaël Haddad, toujours à Libération. Et de préciser : "C'est ce que l'on fait toutes et tous au quotidien, on choisit le mot le plus adapté en fonction du contexte. Ainsi, l'écriture inclusive ne rigidifie pas la langue. On peut aussi très bien écrire un texte entier sans aucun point milieu si on est rebuté par ce type de ponctuation."

Règle n°3

Enfin, l'écriture inclusive c'est aussi, "ne plus mettre de majuscule de prestige à 'Homme'" et préférer des termes plus génériques que "homme" et "femme" en général. On ne parle ainsi pas de "droits de l'Homme" mais de "droits humains".

Défenseurs et détracteurs

Si un manuel scolaire destiné aux classes de CE2 rédigé en écriture inclusive a été publié en 2017 par Hatier et qu'un rapport du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes encourageait déjà ce genre d'écriture en 2015, elle n'est pas du goût de tout le monde. L'Académie française parlait ainsi d'une "aberration inclusive" mettant en "péril mortel" la langue française dans un communiqué publié en 2017.

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