Chiffres romains : bientôt la fin dans les musées ?

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Les chiffres romains, jugés trop difficiles à comprendre par tous, vont-ils finir par disparaître des musées ?
Les chiffres romains, jugés trop difficiles à comprendre par tous, vont-ils finir par disparaître des musées ?
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© Adobe Stock, ivanods

À la mi-mars 2021, il a été annoncé que certains musées, à l'image de Carnavalet à Paris, avaient décidé de ne plus avoir recours aux chiffres romains au motif qu'ils seraient de moins en moins compris par les visiteurs. Une information qui a fait grand bruit, tant en France qu'en Italie.

Chiffres romains : le début d'une polémique

Cela fait déjà plusieurs années que le musée du Louvre ou le British Museum de Londres ont décidé de renoncer à la numérotation romaine pour désigner les siècles. En mars dernier, il a été annoncé que le musée Carnavalet supprimerait également tous les chiffres romains dans la plupart de ses espaces. "Nous ne sommes pas contre les chiffres romains, mais ils peuvent être un obstacle à la compréhension", expliquait Noémie Giard, responsable du musée, au Figaro. Immédiatement, la presse italienne s'est insurgée de cette décision. Au sein du Corriere della Sera, Massimo Gramellini, écrivain et vice-directeur du journal, écrivait ainsi : "Cette histoire des chiffres romains représente une synthèse parfaite de la catastrophe culturelle en cours : d'abord on n'enseigne pas les choses, puis on les élimine pour que ceux qui les ignorent ne se sentent pas mal à l'aise."

La rectification du musée concerné

Si l'annonce du musée Carnavalet a fait tant de vagues, c'est surtout parce qu'il avait été compris que l'intégralité de la numérotation antique serait éliminée du lieu. Ce qui signifiait que les dates et les siècles seraient écrits en chiffres arabes, mais aussi les noms de papes et de rois. Louis XIV deviendrait Louis 14, Henri IV serait écrit Henri 4... Or, dans un rectificatif publié ultérieurement, Carnavalet a précisé que seuls les siècles seraient concernés, et ce sur une infime partie des contenus du musée. "C'est uniquement sur 170 textes, sur un ensemble de 3 000 contenus, qui ont été produits pour le nouveau parcours dans le musée, que nous avons choisi d'appliquer cette mesure d'accessibilité universelle. C'est une recommandation européenne, pour une information facile à lire et à comprendre", a précisé Noémie Giard à France Inter.

Rien de plus, donc, que ce que font déjà d'autres musées à l'instar du Louvre de Paris, du Metropolitan Museum of Art de New York, du Rijksmuseum d'Amsterdam ou même des Offices de Florence. La presse, comme les internautes, semblent s'être emballés... Une polémique qui est, en tout cas, venue prouver un certain attachement aux chiffres de l'Antiquité !

Alors, est-ce bientôt la fin des chiffres romains dans les musées ?

Non, les chiffres romains ne devraient pas disparaître des musées de sitôt. Cependant, contrairement aux chiffres arabes, ils ne sont pas appris par tous les habitants de la planète. Et lire MDCLXXVII demande bien plus d'effort à tout un chacun qu'un simple 1677 ! Supprimer la numérotation romaine en ce qui concerne les dates et les siècles peut donc, effectivement, faciliter la compréhension. Cependant, les chiffres moins élevés, associés aux rois ou encore aux papes, sont mieux connus de tous. D'autant plus qu'ils sont utilisés dans d'autres contextes comme pour des sagas cinématographiques ("Star Wars IV", "Rocky III"...) ou des jeux vidéo. Dans les musées, Louis XIV devrait continuer d'être écrit ainsi. Si la numérotation antique n'est que symbolique, il faut bien avouer que lire Louis 14 fait tout de suite moins prestigieux... et pique un peu les yeux !

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