Breton, basque, corse... quel avenir pour les langues régionales ?

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Le basque est une langue couramment parlée en France.
Le basque est une langue couramment parlée en France.
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© Adobe Stock, Laiotz

Marine de Guilhermier

Si la langue officielle de l'Hexagone est le français, beaucoup d'autres sont parlées dans nos contrées. Il existe, en effet, 75 langues régionales en France. Mais, avec le temps, leur transmission se perd. Au point de les voir un jour disparaître ? Pas si leurs défenseurs ont leur mot à dire !

"La langue de la République est le français", voilà ce qui est indiqué dans l'article 2 de la Constitution française depuis 1992. En 2008, il a tout de même été ajouté dans un autre article que les "langues régionales appartiennent au patrimoine de la France". Il existe d'ailleurs une Délégation à la langue française et aux langues de France, rattachée au ministère de la Culture, dont le but est de promouvoir toutes les langues parlées dans notre pays. Et il y en a beaucoup. Outre les plus connues comme le basque ou le corse, on dénombre au moins 75 langues régionales en France dont le le berbère, le yiddish, le romani ou encore les langues d'Outre-Mer telles que les créoles guadeloupéen et martiniquais, ou encore le tahitien.

Plus que 6 langues utilisées couramment

Malheureusement, en mai 2018, franceinfo expliquait que d'après une étude de 1999 "un quart des adultes qui vivent en métropole ont reçu de leurs parents une langue autre que le français (dans la moitié des cas une langue régionale) mais qu'un tiers seulement de ces adultes a à son tour transmis cette langue à ses enfants". Et en 2013, un rapport ministériel assurait que seules six langues régionales (l'alsacien-francique-mosellan, le basque, le breton, le catalan, le corse et l'occitan) et certaines langues d'Outre-Mer étaient encore parlées couramment. Alors, pour enrayer la perte de transmission de ces idiomes, leurs défenseurs militent pour qu'ils soient enseignés à l'école, ce que la loi permet, mais qui, dans les faits, reste encore trop rare.

La position du gouvernement

En 1999, la France avait signé une Charte européenne des langues régionales ou minoritaires destinée à protéger et favoriser ces dernières. Cependant, il aura fallu des années pour que l'Assemblée nationale se penche dessus et adopte, en 2014, un amendement constitutionnel qui aurait enfin pu permettre la ratification de ce traité. Mais l'année suivante, le Sénat a rejeté l'amendement car, comme le rapporte un article de Libération paru en juin dernier, le Conseil constitutionnel a estimé que le texte était contraire "aux principes constitutionnels d'indivisibilité de la République, d'égalité devant la loi et d'unicité du peuple français". Pour autant, en juin 2018, Emmanuel Macron, en visite dans le Finistère, a assuré vouloir soutenir les langues régionales. Reste à savoir quelles mesures il prendra dans ce sens.

Des offensives en cours

Le Président n'est en tout cas pas seul à vouloir mettre les langues minoritaires à l'honneur puisque le député européen Alain Cadec, également président du conseil départemental des Côtes-d'Armor, a indiqué dans un communiqué avoir voté le 13 novembre au Parlement européen "en faveur d'un rapport qui reconnaît le rôle des langues régionales et minoritaires au sein de l'Union européenne". De son côté, le député du Bas-Rhin Bruno Studer a remis en octobre au ministre de l'Éducation un rapport sur l'apprentissage en Alsace de la langue régionale à l'école. Par ailleurs, quelques médias locaux et des chaînes comme France 3 et France Bleu (lors de leurs décrochages) résistent encore en utilisant leur langue régionale à l'antenne.

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