20 ans de l'euro : le pouvoir d'achat a-t-il vraiment baissé ?

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Perte du pouvoir d'achat depuis l'arrivée de l'euro : idée reçue ou réalité ?
Perte du pouvoir d'achat depuis l'arrivée de l'euro : idée reçue ou réalité ?
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© iStock, wutwhanfoto

Fabien Gallet

Janvier 1999 : l'euro devient la monnaie officielle en France. Trois ans plus tard, elle remplace la monnaie nationale. Mais après la disparition du franc, nombreux sont ceux qui ont accusé l'euro de diminuer le pouvoir d'achat. Qu'en est-il vraiment ?

Deux mois après le début du mouvement de contestation des Gilets jaunes, le pouvoir d'achat est toujours au coeur des revendications. Bon nombre de Français estiment en effet que ce dernier a baissé ces dernières années. En cause ? Les actions des gouvernements successifs, mais aussi et surtout la monnaie européenne. Reste à savoir si depuis sa création il y a deux décennies, une baisse du pouvoir d'achat a vraiment eu lieu...

Le pouvoir d'achat, c'est quoi ?

Selon l'Insee, il s'agit de la "quantité de biens et de services que l'on peut acheter avec une 'unité' de salaire". Il change selon l'évolution des prix (l'inflation) et des salaires. Ainsi, une augmentation des prix et des revenus qui ne bougent pas entraînent une diminution du pouvoir d'achat et, à l'inverse, une baisse des prix et une revalorisation des revenus l'augmentent. Le site economie.gouv.fr explique toutefois que "le pouvoir d'achat est une moyenne nationale".

Que disent les chiffres ?

Mais alors, depuis l'introduction de l'euro, les prix ont-ils augmenté comme le martèlent certains politiques ? La baisse du pouvoir d'achat est-elle une idée reçue ou la réalité ? Les statistiques de l'Insee répondent à ces interrogations. Dans une étude publiée en mai 2017, elles prouvent que le pouvoir d'achat des Français n'a pas diminué outre mesure depuis les années 2000.

Entre 2002 et 2016, l'inflation est restée "relativement modérée au regard du passé", déclare l'Insee qui assure que son rythme durant cette période est inférieur à celui de la période 1986-2001 (+1,4% par an contre +2.1% en moyenne). Si l'organisme pointe du doigt quatre années où l'inflation a dépassé les 2% (2003, 2004, 2008 et 2011), il précise que c'était plus souvent le cas avant l'arrivée de l'euro.

Et en 2018 ? L'Insee a noté une baisse du pouvoir d'achat en début d'année mais misait sur une hausse en décembre. Pourtant, selon une étude Odoxa publiée en septembre dernier, 82% des Français estimaient qu'ils allaient perdre du pouvoir d'achat en 2019, comme ce fut le cas en 2018.

Pourquoi cette impression de baisse du pouvoir d'achat ?

Tout d'abord parce que ce dernier reste une donnée moyenne qui ne peut pas forcément faire écho à tous les profils de manière individuelle. Seconde raison : la comparaison avec les prix affichés avant 2002. Elle a joué sur la perception des Français qui, selon l'Insee, "sont plus sensibles à l'évolution des produits achetés fréquemment, dont ils se rappellent plus facilement le dernier prix valorisé en francs".

Enfin, la hausse des tarifs des produits du quotidien (cigarettes, carburant...) et des dépenses contraintes (gaz, électricité, assurances...). Le meilleur exemple reste celui de la baguette. Elle coûtait 0,66 € en 2001 et était affichée à 0,68 € après l'arrivée de la monnaie unique. Son prix a bondi les années suivantes (0,87 € en 2016) mais cette augmentation n'est pas surprenante à en croire l'Insee. D'autant plus que, dans le même temps, les salaires ont augmenté : 679,47 € en 1999 contre 1 521,22 € en 2019.

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