Yannick Noah victime de racisme et de bizutage : il se confie

Yannick Noah victime de racisme et de bizutage : il se confie
Yannick Noah lors du Legends Tournament de l'Open d'Australie à Melbourne, le 20 janvier 2014.

Invité de Manu Katché, lundi 16 novembre 2020 sur Yahoo Actualités, Yannick Noah a fait des révélations bouleversantes. Le chanteur et ancien champion de tennis est revenu sur les brimades, le racisme et les bizutages dont il a été la victime dans ses jeunes années.

Reçu par Manu Katché dans le cadre de son programme La Face Katché, une série d'interviews axées autour de la diversité, Yannick Noah s'est replongé dans de douloureux souvenirs. Face au célèbre batteur, l'ex-tennisman devenu chanteur est revenu sur les diverses violences physiques et verbales qu'il a subi lorsqu'il était adolescent.

Né à Sedan, Yannick Noah a passé une partie de son enfance au Cameroun. Lorsqu'il revient en France à l'âge de 12 ans, c'est le "choc". À l'école, il est, en cette année 1972 "le premier black". Rapidement, il hérite d'un sobriquet raciste : "Mon premier surnom, ça a été Bamboul. Mon rêve c'était qu'un jour, justement, on oublie Bamboul." Des brimades racistes dont le jeune homme décidera de faire une force. "Ça me plaisait d'être différent, c'était comme un challenge", confie aujourd'hui celui qui s'apprêtait alors à intégrer une classe de sport-études. Là-bas, il ne tardera pas à découvrir la pratique du bizutage.

"Quand je suis arrivé en sport-études, les autres avaient 14-15 ans. C'est une grosse différence. Donc il y avait beaucoup de bizutages", explique la star de 60 ans avant d'ajouter : "Quand tu es un gamin, que tu es seul, que tes parents sont à l'autre bout du monde... et que tu as six mecs qui te tiennent, tu es à poil, t'as 12 ans, pas de poil sur la bite, et qu'ils te vident ton tube de dentifrice dessus... C'est humiliant. J'étais le plus petit, je ne pouvais pas lutter. C'est très difficile."

"Le respect, je vais le trouver sur le court"

De ces souffrances, le futur champion décidera de tirer le courage de devenir un gagnant, comme il l'a raconté à Manu Katché : "Dans la tête et le coeur de ce môme que j'étais, je me suis dit 'un jour, je vous aurais'. C'était avec ma raquette que j'allais exister. J'allais répondre avec ma raquette. Tant que je n'avais pas gagné, je fermais ma gueule. L'affection, je vais la trouver sur le court. Le respect, je vais le trouver sur le court." Un courage et une détermination qui ont fini par payer. En 1983, il entre dans l'Histoire en remportant le tournoi de Roland-Garros, devenant ainsi le premier joueur français à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem de l'ère Open en simple messieurs. Une belle victoire.

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