Thierry Ardisson : "Adolescent, ma seule fenêtre sur le monde était l'ORTF"

Thierry Ardisson : "Adolescent, ma seule fenêtre sur le monde était l'ORTF"
Portrait de Thierry Ardisson datant du 20 décembre 2010.

Vendredi 23 octobre 2020, à 21h05 sur France 3, Thierry Ardisson prête sa voix au documentaire "ORTF, ils ont inventé la télévision". L'occasion pour l'animateur d'évoquer, avec nostalgie, ses souvenirs d'enfance du petit écran.

Pendant une décennie, de 1964 à 1974, l'ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française) était la fierté française qui assurait le rayonnement audiovisuel du pays à l'international. De cet âge d'or de la télévision sont nées d'innombrables figures et émissions iconiques. Cette période, Thierry Ardisson l'a vécue adolescent et s'en souvient parfaitement, comme il le confie au Figaro : "Quand j'avais 15 ans, j'habitais en province, mes parents n'avaient pas de blé, je m'ennuyais beaucoup, je me demandais ce que je faisais là... Ma seule fenêtre sur le monde était l'ORTF. Les émissions de Jean-Christophe Averty, Daisy de Galard, Denise Glaser, Claude Santelli ou encore Pierre Dumayet étaient vraiment l'école du peuple. C'était une télé qui était à la fois d'excellente qualité et très accessible."

"Guy Lux a été le John de Mol français"

Cette "espèce de Hollywood français" avec "une audace fantastique" a été une leçon pour son avenir professionnel : "Vingt ans après, quand en 1985, j'ai commencé à faire la télé, inconsciemment, j'ai été inspiré par l'ORTF." Aujourd'hui encore, le mari d'Audrey Crespo-Mara ne tarit pas d'éloges : "Il y avait beaucoup d'idées et surtout de sacrés personnages. Guy Lux a été le John de Mol français (...) Dans Chansons et champions, il invitait les téléspectateurs à voter pour leur chanteur préféré en allumant toutes les lumières d'une ville et il regardait la consommation d'électricité. Aujourd'hui, ça ne serait plus possible parce que ce n'est pas très écolo, on demanderait aux gens d'éteindre la lumière (rires). Il y avait aussi Alain Decaux qui face caméra, racontait l'Histoire pendant quarante minutes en direct." Et il conclut par un petit mot à l'adresse de Guy Béart : "Avant, quand on interviewait des gens à la télévision, c'était un interviewer face à un interviewé. Pour la première fois avec Guy Béart, Johnny discutait avec Karajan. Les premiers 'chocs des mondes' à la télé." Instant de mélancolie !

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