Lilian Thuram : accusé de racisme, il se justifie

Lilian Thuram : accusé de racisme, il se justifie
Lilian Thuram lors des internationaux de France de Roland-Garros à Paris, le 31 mai 2017.

Dans une interview accordée à un journal sportif italien, l'ancien joueur de l'équipe de France de football a tenu des propos qui ont créé la polémique. Accusé de "racisme inversé", il a tenu à remettre les choses dans leur contexte.

"Il est nécessaire d'avoir le courage de dire que les Blancs pensent être supérieurs et qu'ils croient l'être", a déclaré Lilian Thuram, le 4 septembre 2019, dans un entretien à Corriere dello Sport, revenant sur le comportement des supporters à l'encontre de Romelu Lukaku, joueur d'origine belgo-congolaise, lors d'un match opposant l'Inter Milan à Cagliari. Et d'ajouter : "C'est quelque chose qui dure malheureusement depuis des siècles. (...) Les Noirs ne traiteront jamais les Blancs de cette façon, et pour n'importe quelle raison."

Des déclarations qui n'ont pas manqué de provoquer l'indignation chez les internautes, accusant le sportif de 47 ans d'être lui-même raciste, et pointé du doigt par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA).

"Je ne dis pas que tous les Blancs sont racistes"

Face à de telles accusations, l'ex-compagnon de Karine Le Marchand a pu s'expliquer au journal L'Obs jeudi 5 septembre. "Mes réponses portent sur la situation du racisme dans les stades de foot italiens", a dans un premier temps assuré l'ancien Bleu avant de déplorer : "Un quotidien français en a tiré un article, en mélangeant mes réponses sans jamais préciser les questions, ni le contexte. On me fait dire 'les Blancs se pensent supérieurs et croient l'être', mais ce n'est pas mon propos : dans cette phrase, je parle des supporters racistes (qui) ont un complexe de supériorité. Et ce complexe est issu d'une culture raciste dans laquelle ils ont grandi. Une culture dans laquelle il existe une hiérarchie selon la couleur de peau et qui s'est construite au cours de l'Histoire."

"Si je dis 'les Blancs', je ne les essentialise pas et je ne dis pas que tous les Blancs sont racistes (...). Je parle des racistes blancs qui ont un complexe de supériorité et malheureusement, il y a encore beaucoup trop - et pas que dans les stades", a par ailleurs ajouté Lilian Thuram. Aussi, quand on lui demande pourquoi il se "sent obligé de préciser qu'ils sont blancs", le champion du Monde 1998 s'interroge : "Pourquoi les Blancs devraient-ils être les seuls à n'être jamais désignés par leur couleur ? Pourquoi tant de crispation autour de cette couleur de peau ? Nous devons nous poser la question : que signifie cette peur d'être désignés ? Blanc n'est pas un gros mot."

Vos réactions doivent respecter nos CGU.