Laurent Ruquier : pourquoi est-il au coeur d'une polémique ?

Laurent Ruquier : pourquoi est-il au coeur d'une polémique ?
Portrait de Laurent Ruquier, le 29 août 2018.

La fin de l'année 2020 ne se présente pas sous les meilleures auspices pour Laurent Ruquier et ses chroniqueurs des Grosses Têtes, diffusée sur RTL. Visée par l'association des journalistes LGBTI, l'émission aurait diffusé plus de 66 propos LGBTphobes en un mois d'écoute. Une véritable honte selon l'AJL, d'autant que la plupart de ces insultes sont tenues par des hommes ouvertement gays.

Entre Jeanfi Janssens, Steevy Boulay ou encore Laurent Ruquier lui-même, l'émission des Grosses Têtes ne manque pas de représentants LGBT+. Pourtant, selon l'AJL, ce sont justement eux qui sont les plus virulents. "De 'pédé' à 'enculé' en passant par 'pédale' ou encore 'tata' et 'tapette', nous avons pu noter une récurrence affolante des insultes homophobes", explique l'association dans son enquête. Sur un ensemble de 24 numéros, l'émission aurait eu 83% de propos LGBTphobes et 66% de propos discriminants, souvent à l'encontre des femmes.

"Un acharnement dissimulé derrière le rire"

En première ligne : Jeanfi Janssens. Selon l'AJL, l'humoriste a pris l'habitude de jouer le "gay obnubilé par le sexe". "Ce qui pose ici problème, c'est l'hypersexualisation des gays, cette tendance à les définir, à les représenter uniquement par le biais de leur sexualité. D'autant que, encore une fois, cette sexualité n'est bien souvent évoquée que dans le but de la dénigrer ou de s'en moquer. (...) Une fois encore, Les Grosses Têtes rigolent et nous payons les pots cassés", argumente l'AJL. Mais les homosexuels ne sont pas les seuls visés. Les femmes aussi en prennent pour leur grade. "Ménagères, putains, trop grosses ou trop moches, stupides, les femmes y sont constamment ciblées en raison de leur genre (...) ces propos sexistes ont de nombreuses conséquences sur les femmes, psychologiques d'abord (...) mais aussi physiques, telles que des troubles alimentaires, de la fatigue, des mutilations ou même des problèmes d'ordre sexuel", déclare l'association avant de conclure : "Avec en moyenne 19 propos discriminants par émission, il ne s'agit plus d'un accident de parcours, mais d'un acharnement dissimulé derrière le rire."

Sur Twitter, Nicolas de Tavernost, président du groupe M6-RTL, a défendu ses compagnons : "Depuis 43 ans, les Grosses Têtes c'est de la bonne humeur, de l'humour et des sociétaires différents représentant toute la diversité de notre société : c'est tout cela qui en fait l'une des plus belles audiences de la radio."

Il ne reste plus qu'à savoir quelles conséquences aura une telle enquête sur l'avenir de la célèbre émission radio...

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