Jean-Pierre Darroussin : "Agressé dans la rue", il témoigne

Jean-Pierre Darroussin : "Agressé dans la rue", il témoigne
Jean-Pierre Daroussin à Paris, lors du tournage d'une émission diffusée le 12 septembre 2009.

C'est une petite blague qui n'est pas passée inaperçue. Lors de la cérémonie des César de février 2020, Jean-Pierre Darroussin a délibérément écorché le nom de Roman Polanski. Un trait d'humour qui n'a pas plu à certaines personnes, comme l'a confié l'acteur lors de son passage sur Europe 1 le dimanche 6 décembre 2020.

"On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui", avait coutume de dire Pierre Desproges. Et ce n'est pas Jean-Pierre Darroussin qui affirmera le contraire. Le 28 février 2020, la star du film "Le Poulpe" se trouvait sur la scène des César pour décerner le prix de la meilleure adaptation. Lors de son intervention, il s'est permis un trait d'humour en trébuchant volontairement sur le nom de Roman Polanski, au coeur de la polémique liée aux accusations de viol dont le cinéaste fait l'objet depuis 1977, et pour lesquelles il a été condamné par la justice américaine. Une blague qui a valu à l'acteur de 67 ans d'être vertement critiqué, et qui a même été à l'origine d'actes violents à son encontre, comme il l'a confié à Pascale Clark.

C'est un trait d'esprit que Jean-Pierre Darroussin qualifie lui-même de "blague à la con". "Je l'ai nommé, mais je l'ai mal prononcé", a-t-il résumé sur les ondes d'Europe 1 avant de faire part des terribles répercussions qu'a eu la blague en question : "On m'appelle parce que apparemment personne ne veut aller remettre des prix. J'arrive avec la gueule enfarinée (...) Je m'y colle, je fais ma blague à la con et je me retrouve avec des gens qui montent sur leurs grands chevaux après... C'était incroyable, invraisemblable ! (...) Je me suis fait traiter d'antisémite. Je me suis fait agresser dans la rue devant mes enfants. Et tout ça n'est pas du tout agréable à vivre."

"Moi je suis d'une génération un peu Coluche"

Pourtant, sur le moment, le comédien n'a pas mesuré l'impact de sa boutade malheureuse : "Moi je suis d'une génération un peu Coluche, mon éducation est de ce côté-là, et on rigole plus de ce genre de choses. On ne prend pas tout cela au sérieux... Et c'est un peu ce qui s'est passé pour moi ce soir-là, mais je n'ai pas vu que l'époque avait largement évolué et que ce n'était plus du tout le moment de rigoler avec ce genre de truc... (...) Les gens ont ri. Et à la fin des César, les gens sont venus me voir et m'ont dit : 'Merci, ça a détendu, c'était super.' Les gens l'ont pris à la rigolade comme moi je l'ai fait (...) Mais on est dans un monde qu'on maîtrise de moins en moins, qui fait peur et qui fait que tout le monde se méfie."

Vos réactions doivent respecter nos CGU.