Édouard Baer improvise d'envoûtants monologues poétiques sur le confinement

Édouard Baer improvise d'envoûtants monologues poétiques sur le confinement
Edouard Baer à la cérémonie d'ouverture du 71ème Festival International du Film de Cannes, le 8 mai 2018.

Sur les ondes de Radio Nova, il brossait le portrait de la France dans ses chroniques "Plus près de toi", pleines de lyrisme. Son départ de la matinale en 2018 laissait un vide à l'antenne. Confiné à domicile comme tout le monde, le poète du XXIème siècle qu'est Édouard Baer a eu la bonne idée de reprendre ses envoûtantes élucubrations sur Instagram.

Jeudi 16 avril 2020, les internautes étaient surpris par l'acteur touche-à-tout qui partageait un premier spleen baudelairien énoncé sur les déchirantes notes d'Avec le temps de Léo Ferré. L'homme de 53 ans raconte les conséquences de la pandémie, "cette occasion de rencontrer la personne avec qui je vis depuis tant d'années, que j'ai cherché à éviter en changeant de trottoir : moi-même". Et dissémine des phrases qui poussent l'auditeur à la réflexion : "Ce que l'on ne choisit pas dans la vie, c'est ce qui nous sauve". Avec un franc sourire, il conclut par une note d'espoir : "Tu veux avancer parce que tu sais que la vie s'arrêtera (...) dehors. Dehors, c'est quand même le printemps, provoquant avec ses lilas et ses fleurs dont tu ne connais pas le nom mais que tu regrettes déjà (...). Petit à petit, même lentement, ça arrive, ça monte, ça vient, ce printemps, on va l'attraper avec les dents."

La poésie pour réchauffer les coeurs

Après un premier succès, Édouard Baer est revenu déverser son hypnotique flot de poésie, lundi 27 avril, pour parler de ce ballottement entre "les ordres et les contre-ordres, les enthousiasmes et les effondrements, le vide intersidéral comme un horizon trop grand". Jeudi 30 avril, l'artiste improvisait un nouveau slam sur The Way I Am du rappeur Eminem, assurant à ses abonnés qu'au déconfinement : "On va bien s'engueuler comme on aime, à l'ancienne."

Dimanche 3 mai, le songeur a offert un monologue romanesque, accompagnée de la version instrumentale du morceau Still D.R.E : "Ce matin, j'ai croisé un masque avec personne derrière. Une peur pas habitée. Une peur désincarnée. Une peur qui se faufile comme une ombre, dans les rues, comme un vent qui s'engouffre, qui ne nous lâche pas, qui nous tient au coeur, au corps, à l'âme (...) qui nous fait téléphoner pour tout et mettre des écrans entre les gestes et nous-mêmes". Avant de citer Victor Hugo pour une conclusion pleine de promesse : "Il faut foncer, il faut étonner la catastrophe du peu de peur qu'elle nous fait. Il faut frimer. Il faut respecter, bien sûr, le corps et la santé. Il faut vivre."

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