Brigitte Bardot représente "l'antiféminisme par excellence" pour Camélia Jordana

Brigitte Bardot représente "l'antiféminisme par excellence" pour Camélia Jordana
Camelia Jordana lors du Festival du film francophone d'Angoulême pour le film "Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait", le 29 août 2020.

Après de récentes déclarations sur les violences policières et "les hommes blancs" ayant suscitées la polémique, Camélia Jordana provoque une nouvelle fois le débat en évoquant Brigitte Bardot et Catherine Deneuve, dont elle remet en question le statut d'icônes du féminisme qui leur est souvent attribué.

Pour beaucoup, elles sont l'image de la femme libérée. Dans les années 1960 et 1970, Brigitte Bardot et Catherine Deneuve ont marqué leur époque, en s'imposant comme des femmes puissantes, usant de leur sex-appeal pour faire évoluer les mentalités dans un monde dominé par des hommes à qui elles faisaient tourner la tête. Pour Camélia Jordana, elles ne sont pourtant pas un exemple à suivre, comme elle l'a confié dans les colonnes de Paris Match, le 24 janvier 2021.

"Deneuve et Bardot n'étaient pas le symbole du féminisme"

Invitée par Paris Match à donner son avis sur les réserves émises par Catherine Deneuve, Brigitte Bardot et Jane Birkin quant à la pertinence du mouvement #MeToo, Camélia Jordana n'y est pas allée par quatre chemins. "Deneuve et Bardot n'étaient pas le symbole du féminisme. Elles incarnaient LA femme parce qu'elles étaient des muses, l'anti-féminisme par excellence", a-t-elle déclaré. Une citation mise en exergue par Paris Match qui n'a pas manqué de faire réagir. Pour l'interprète de Non non non, celles qui "ont vécu avec l'idée que se prendre une main au cul était quelque chose de normal, voire de 'sympathique'" ne servent pas la cause du féminisme. Elle poursuit : "Il y a encore des mecs qui pensent que, parce qu'ils sexualisent une femme, elle doit se sentir flattée. Le regard de l'homme est censé être la seule chose après laquelle elle court..."

Sur Twitter, l'animatrice Cécile de Ménibus a réagi vivement à ces propos, revenant également sur les précédentes déclarations de la chanteuse de 28 ans ayant provoqué la polémique et les dénonçant d'un seul tweet. Publié le 23 janvier 2021, il invite Camélia Jordana à cesser "de nous diviser et de nous condamner".

Si les propos de Camélia Jordana choquent, ils font écho à des déclarations faites par les principales intéressées alors que le mouvement #MeToo était en pleine émergence. Dans les colonnes du Parisien en 2018, Brigitte Bardot expliquait : "On n'a plus le droit de dire aux femmes qu'elles sont belles, de leur mettre la main sur les fesses, on est tout de suite envoyé au tribunal comme harceleur. Je trouvais adorable quand on me disait que j'avais un joli cul. J'allais pas porter plainte pour ça. Les mecs, ils ne vont plus avoir envie de faire la cour aux filles. Évidemment, je ne parle pas des excès, de la violence."

De son côté, Catherine Deneuve signait en janvier 2018 une tribune publiée par Le Monde qui défendait "la liberté d'importuner" et remettait en question la pertinence des témoignages faits sur Twitter via le hashtag #BalanceTonPorc quelques mois plus tard dans les colonnes du Huffington Post : "Je trouve ça terrible. Est-ce que c'est intéressant d'en parler comme ça ? Est-ce que ça soulage ? Est-ce que ça apporte quelque chose ? Est-ce que ça va régler le problème d'une certaine façon ?" Une chose est certaine : les points de vue des icônes de jadis et de celles d'aujourd'hui sur le féminisme divergent.

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