Audrey Pulvar bouleversée : "Ce qu'on veut c'est qu'on ne viole plus... "

Audrey Pulvar bouleversée : "Ce qu'on veut c'est qu'on ne viole plus... "
Audrey Pulvar lors du 45e Festival du Cinéma Américain de Deauville, le 7 septembre 2019.

Audrey Pulvar continue tant bien que mal de faire face aux accusations de pédophilie prononcées à l'encontre de son père, aujourd'hui décédé. Invitée sur les ondes de France Inter le lundi 15 février 2021, l'ancienne journaliste s'est livrée à coeur ouvert sur cette situation difficile à supporter.

Bouleversée par les accusations contre son père, Audrey Pulvar a eu beaucoup de mal à retenir ses larmes. En effet, début février, trois cousines de la célèbre journaliste ont accusé Marc Pulvar d'avoir abusé d'elles lorsqu'elles étaient enfants. Indirectement liée à cette affaire, celle qui a révélé avoir été sexuellement agressée en 2018 a livré un témoignage poignant. "C'est quelque chose qui est très difficile... Ce matin, je suis là en tant que fille d'un pédocriminel, donc fille d'un monstre, au sens actuel qu'on donne à ce mot...", a-t-elle déclaré la voix tremblante.

"À un moment, vous vous demandez si vous n'êtes pas un monstre vous-même"

Depuis toutes ces années, Audrey Pulvar l'a avoué, elle était au courant de ce qu'il s'est passé. Aujourd'hui montrée du doigt pour ne pas avoir réagi, elle explique avoir refoulé ces douloureux souvenirs d'enfance. "À un moment, vous vous demandez si vous n'êtes pas un monstre vous-même. Les choses sont un peu moins simples qu'elles n'y paraissent. (...) Depuis 45 ans, je sais qu'il s'est passé des choses, confusément", a-t-elle d'abord raconté. À l'époque bien trop jeune, Audrey Pulvar n'avait pas les clés pour réagir : "Je passais les vacances d'été avec mes cousines, avec mon père, en camping, et il y avait un climat que je ne comprenais pas. Ma cousine m'a même dit un jour, dans ma mémoire elle avait 7 ans, on s'était disputé et elle m'a dit : 'Ton père a mis sa main dans ma culotte !' Ça m'avait tétanisée, j'avais 6 ans ! Après, ces souvenirs ont été cadenassés dans mon cerveau, pendant des années, pendant 25 ans..."

En larmes, l'ancienne journaliste a ensuite conclu : "Ce qu'il faut faire ce n'est pas seulement réparer ou écouter la parole des victimes... C'est faire en sorte que ça n'arrive plus. Geneviève, qui est là avec moi, me disait : 'Ce qu'on veut, nous les victimes, ce n'est pas seulement d'être protégées ou écoutées. Ce qu'on veut c'est qu'on ne viole plus !'"

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