Agnès Jaoui abusée lorsqu'elle était enfant : elle se confie

Agnès Jaoui abusée lorsqu'elle était enfant : elle se confie
Agnès Jaoui lors de la cérémonie donnée en l'honneur de Pedro Almodovar dans le cadre du Prix Lumière à Lyon, le 17 octobre 2014.

Mercredi 25 novembre 2020 à Paris, Agnès Jaoui a prononcé un discours dans lequel la réalisatrice a levé le voile sur plusieurs agressions dont elle a été la victime durant son enfance. Une prise de parole bouleversante.

Le 25 novembre dernier s'est tenu aux Assises de Paris un évènement organisé par le Collectif 50/50, dont Agnès Jaoui est est membre et qui oeuvre pour répartir équitablement le pouvoir dans l'industrie cinématographique et le monde de l'audiovisuel. La star de 56 ans a pris la parole pour prononcer un discours intime et féministe dans lequel elle a raconté comment elle avait été abusée dans sa jeunesse. Un nouveau geste fort et engagé de la part de celle qui a déjà dénoncé plusieurs fois les dérives sexistes du monde dans lequel elle évolue, qui a détaillé les répercussions que ces agressions ont eu sur la femme qu'elle est aujourd'hui devenue.

Durant six minutes, celles et ceux qui ont assisté au discours prononcé par Agnès Jaoui ont retenu leur souffle, suspendus à ses lèvres. Une longue intervention au cours de laquelle l'artiste de 56 ans a notamment détaillé les abus qu'elle a subi. "Vers 5 ans, je me suis fait abuser par un inconnu dans la cage d'escaliers de mon immeuble", a-t-elle commencé par se souvenir avant de poursuivre : "Juste après, tandis que ma mère appelait la police, il y avait à la télévision un film pour enfant avec une petite fille blonde qui disait de jolies choses, et de sa bouche sortaient des diamants... Et une petite fille brune qui disait des gros mots et de sa bouche sortait des crapauds (...) À 11 ans, je me suis fait abuser par mon oncle... À 12 ans, j'ai commencé un régime que je n'ai toujours pas terminé, pour tenter d'éradiquer ces rondeurs et cette graisse qui semblaient poser tant de problèmes de désir et de dégoût."

"Les filles obéissantes vont au ciel, les autres vont où elles veulent"

Dans la suite de son discours, la réalisatrice de "Place publique" est revenue sur les diktats de la beauté et leur influence sur la représentation des femmes au cinéma, a souligné l'invisibilisation des femmes artistes dans notre société, et a déploré qu'encore de nos jours, la majorité des films soient signés par des hommes : "Je crois à l'influence immense des images, et d'autant plus quand nous n'en avons pas forcément conscience." Et celle qui a remporté le César du meilleur film pour "Le Goût des Autres" de conclure : "Les filles obéissantes vont au ciel, les autres vont où elles veulent."

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