Une ville de Norvège interdit les publicités trop sulfureuses

Une ville de Norvège interdit les publicités trop sulfureuses
Les publicités faisant l'apologie du corps parfait sont partout, comme ici sur l'une des plus grandes avenues de Londres, en Grande-Bretagne.
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Hélène Garçon

Dans une société où le culte de l'image est omniprésent, où les unes des magazines mettent en avant des corps parfaits, où des affiches torrides pour des maillots de bain vous narguent à chaque coin de rue, toutes les zones urbaines sont soumises aux diktats de la minceur relayés par la publicité... Toutes ? Non ! Un petit village d'irréductibles Scandinaves résiste.

Les élus de la municipalité de Trondheim, troisième ville de Norvège, ont en effet décidé d'éradiquer les sources de vos complexes en interdisant l'affichage de modèles féminins et masculins légèrement dénudés sur les espaces publicitaires. L'objectif étant d'aider les citoyens à changer la vision qu'ils ont de leur corps, et ce, de façon positive. "La publicité qui peut donner à certains groupes de personnes, ou individus, l'impression d'être offensés ou discriminés ne sera plus autorisée, de même que la publicité qui véhicule une image dénaturée de l'apparence d'un ou de modèle(s) et contribue à développer une image négative de son propre corps", a ainsi stipulé un arrêté municipal, qui part en guerre contre les logiciels de retouches photo. "Au minimum, les publicités dans lesquelles la morphologie aura été retouchée devront être signalées comme telles", a-t-il été ainsi précisé dans le communiqué.

Si la mesure a bel et bien été votée, ses modalités d'application sont toujours en cours de négociation pour décider notamment quel type de publicité sera autorisé, comme l'explique le conseiller municipal Ottar Michelsen à NRK, une société audiovisuelle norvégienne : "Nous devons penser au genre de publicités que nous allons aider à propager. Nous ne devons pas diffuser d'images qui contribuent à augmenter les complexes liés à l'image personnelle". Cette initiative de la mairie ouvre la porte au changement, ainsi que l'explique, dans une interview accordée à The Independant, Caitlin Ropers, la manageuse du mouvement Collective Shoot, qui lutte contre les stéréotypes véhiculés dans les médias de la femme objet et les connotations sexuelles qui s'y rattachent. "Les publicitaires règnent en maître depuis trop longtemps. Dans ce combat pour apprendre à aimer son corps, une approche de toute la société est requise. Ceci n'est qu'une pièce du puzzle, mais c'en est une importante" a-t-elle expliqué, évoquant également son souhait de voir d'autres pays prendre exemple sur Trondheim. "Je pense que d'autres pays devraient mettre en place des actions similaires" a-t-elle conclu.

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