#KuToo : la révolte des Japonaises contre l'obligation des talons au travail

#KuToo : la révolte des Japonaises contre l'obligation des talons au travail
Une injonction tacite contraint les Japonaises à porter des talons au travail.

Marine Cournede

Depuis plusieurs semaines au Japon, les femmes bataillent contre une injonction tacite qui les contraint à porter des talons au bureau. La révolte s'est accentuée le 6 juin 2019 après que le ministre du Travail a refusé de légiférer pour interdire aux entreprises d'obliger les salariées à porter des escarpins.

En février dernier, l'actrice et rédactrice freelance Yumi Ishikawa lançait le mouvement #KuToo sur les réseaux sociaux. Mélange entre "kutsu" (chaussure), "kutsuu" (douleur) et référence au mouvement #MeToo, ce vent de colère proteste contre l'obligation officieuse pour les employées japonaises de porter des talons au travail et lors des entretiens d'embauche. La pétition lancée par la jeune femme a déjà récolté plus de 30 000 signatures et de nombreux soutiens continuent d'affluer. En parallèle, plusieurs femmes ont publié sur les réseaux sociaux des photos de leurs pieds meurtris par les talons après une journée de travail.

Le gouvernement entendra-t-il l'appel ?

Le 6 juin, la colère de milliers de Japonaises a grondé de plus belle après le refus de Takumi Nemoto, ministre de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, de légiférer pour interdire aux entreprises d'obliger les salariées à porter des chaussures à talons.

Ni une ni deux, les internautes énervées ont lancé au ministre le défi de porter des talons toute la journée. La veille, Yumi Ishikawa avait remis la pétition #KuToo à des hauts fonctionnaires du ministère en espérant sensibiliser le gouvernement. Affaire à suivre...

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