Chemises, cravates, coiffure Louise Brooks... Chantal Thomass décrypte son style

Chemises, cravates, coiffure Louise Brooks... Chantal Thomass décrypte son style
La créatrice Chantal Thomass au Crazy Horse à Paris, le 30 juin 2016.

Pas moins de 274 tenues de prêt-à-porter et accessoires signés Chantal Thomass vont envahir l'Hôtel Drouot, le 6 mai prochain. L'irrévérencieuse créatrice a donné pour l'occasion une interview au Journal du Dimanche, samedi 17 avril 2021, dans laquelle elle se confie sur ses débuts et la confection de son identité de marque.

Croulant sous les pièces, plus de 800 vêtements qu'elle conserve depuis les années 1970, Chantal Thomass a décidé de les mettre aux enchères au cours d'une vente exceptionnelle. Avant de connaître une renommée internationale, l'amie de Thierry Mugler et Jean-Charles de Castelbajac a démarré sa petite entreprise avec la seule aide de sa famille, une mère couturière qui réalise ses robes et un petit-ami inscrit aux Beaux-Arts qui les peint à la main. Elle livre quelques-unes de ses productions à une boutique d'habillement tenue par Jean-Max Rivière à Saint-Tropez. L'auteur de La Madrague achète une de ses robes pour Brigitte Bardot et lui en commande d'autres, la jeune styliste voit sa carrière décoller. La Riviera bouscule sa vie : elle doit façonner son image.

"J'ai choisi de me faire un style"

"Ne me plaisant pas, j'ai choisi de me faire un style. Louise Brooks incarnait pour moi l'idéal de la femme libre dans une époque qui m'a toujours passionnée. J'ai donc adopté le carré noir de jais et, pour l'assortir, le rouge à lèvres rouge alors que c'était la mode du rose brillant", a commencé par détailler Chantal Thomass au JDD. À ses premières confessions, elle a ajouté des explications sur son style vestimentaire si particulier : "À la naissance de mes enfants, j'ai compris qu'il faudrait aussi changer de garde-robe. C'est là que je me suis convertie au noir : c'était plus pratique, plus rapide. C'est resté. Aujourd'hui, mon vestiaire se résume à une vingtaine de pantalons noirs, quelques chemises blanches, des vestes noires que je relève d'une broche fantaisie et quelques cravates."

Sans oublier son amour pour la lingerie fine, le côté ultra-sexy de sa personnalité haute en couleur : "J'appartenais à une génération qui ne portait pas de soutien-gorge. Sur la plage, on était toutes seins nus. Au bout de cinq ou six ans de mode, je me suis penchée sur le sujet : j'ai redécouvert les corsets du XVIIIe siècle, la lingerie froufroutante de 1900 (...) Progressivement, la lingerie l'a emporté sur mon activité de prêt‑à-porter." L'histoire d'une icône !

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