Quand mai 68 révolutionnait la mode

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Des vêtements faits de plaques de métal, de pièces de cuir et d'anneaux signés Paco Rabanne en 1968.
Des vêtements faits de plaques de métal, de pièces de cuir et d'anneaux signés Paco Rabanne en 1968.
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© Getty Images, ullstein bild

50 ans après les événements de mai 68, l'héritage de cette vague libératrice qui a touché la France est encore présent et l'industrie de la mode en est la première témoin.

Depuis la nuit des temps, les périodes de crise politique et les opinions de la population s'expriment par leur style, parfois même avant que les mots ne soient dit. La mode est un moyen de communication non-verbale ancestral et mai 68 a connu ses évolutions.

La fin de la couture, le début du prêt-à-porter

La mode de la fin des années 60 marque la libération des femmes avant même qu'elles ne commencent à manifester. Cristobal Balenciaga, Yves Saint Laurent... De nombreux créateurs sont lassés d'habiller les riches de ce monde et décident de faire bouger les choses. En 1966, Saint Laurent lance sa collection Rive Gauche, destinée aux jeunes et installe sa boutique en plein coeur de Saint-Germain des Près, à deux pas des jeunes étudiantes de la Sorbonne. Beaucoup moins ravis par ces changements, mais tout aussi représentatif de son ras-le-bol, Balenciaga, lui, décide de fermer sa marque de couture en mai 68 sans prévenir qui que ce soit. Les petites mains de son atelier apprendront la triste nouvelle dans les journaux. Dans son livre "Chère Haute Couture" publié aux éditions Plon, Janie Samet raconte : "Mai 68 le trouvera si désarmé par une révolution qui annulait les différences sociales qu'il se retirera d'un monde qu'il ne comprenait plus. Il ferma sa maison, se rendit chez son notaire pour ajouter une clause à son testament : qu'elle ne rouvre jamais sous son nom." Heureusement, à ce moment-là, Sonia Rykiel fonde sa marque, ouvre sa première boutique en 68 rue de Grenelle et offre à la mode les rayures, les couleurs explosives ou encore le travail de la maille.

Le trio Paco Rabanne, André Courrèges et Pierre Cardin

Les tailleurs Chanel et Balenciaga laissent rapidement place aux blouses transparentes de Paco Rabanne, à la "bombe" Courrèges et aux jeux de matières de Paco Rabanne. Ces trois créateurs obsèdent les célébrités et les amatrices de mode de l'époque, car par leurs créations, ils cherchent, chacun à leur façon, à libérer la femme des contraintes vestimentaires qui pesaient sur ses épaules. Par exemple, dans ses créations, André Courrèges élimine toute idée de guêpière, de soutien-gorge ou de talons hauts. À la place, on retrouve des bottes plates, des pantalons, des combi-shorts et des mini-jupes à perte de vue.

Dans les rues, les femmes portent des jeans

Les femmes ne veulent plus avoir une image lisse mais préfèrent provoquer sans se soucier d'être considérées comme étant "vulgaires". Pour cela, elles optent en masse pour le jean, qui devient le premier symbole de la lutte pour la parité entre les sexes. Tout droit venu des États-Unis où il cartonne déjà, le jean devient un incontournable et le signe de la rébellion. Initialement porté taille haute et envasé sur le bas de la jambe, il se décline rapidement en short et en veste pour être porté en total look.

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