La minijupe : plus qu'un vêtement, un état d'esprit

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La minijupe est bien plus qu'un vêtement qui dévoile les jambes.
La minijupe est bien plus qu'un vêtement qui dévoile les jambes.
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© Adobe Stock, janifest

Les années 1960 sont le début d'une révolution dans les garde-robes des femmes. Ces dernières n'en peuvent plus de subir les diktats de la société et décident de s'émanciper en adoptant un vêtement qui va marquer l'histoire : la minijupe.

Si aujourd'hui la mini-jupe est devenue un indispensable de la garde-robe féminine, quand elle envahit les rues des capitales occidentales, c'est pour représenter une vague contestataire mais surtout le désir des femmes de s'émanciper et de participer à la création d'une société plus égalitaire.

Sa création

Alors que les soldats américains sont au front, que deux jeunes groupes de musique, les Beatles et les Rolling Stones déchaînent les passions, les femmes s'émancipent et cherchent à tendre vers une égalité des sexes. C'est dans ce contexte que naît la mini-jupe dans les années 1960 plus précisément entre 1962 et 1964 quand la créatrice Mary Quant décide de changer le style de la jeunesse britannique en tenant compte de ses aspirations. Selon elle, la mode se doit d'être "arrogante, agressive et sexy" puisque "le bon goût est mort, la vulgarité vit" confie-t-elle au Guardian dans une interview en 1967. En France, c'est André Courrèges qui impose la mini-jupe dans ses collections haute couture, créant l'indignation chez d'autres couturiers tels que Coco Chanel qui l'accuse de dévoiler une partie moche du corps : le genou. Aussitôt, les icônes de mode de l'époque s'emparent de cette tendance. Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Brigitte Bardot ou encore Catherine Deneuve dévoilent toutes leurs jambes avec fierté.

Un choc générationnel

À cette époque conservatrice, les femmes portent des jupes longues et sont à des années-lumière de songer à dévoiler leurs genoux ou même leurs cuisses. La mini-jupe crée alors une onde de choc et un énorme conflit générationnel voit le jour. D'un côté les jeunes femmes qui cherchent à s'émanciper et à afficher leur liberté, de l'autre, leurs parents, choqués par cette vague de rébellion et qui considèrent la minijupe comme le summum de la vulgarité. Bientôt 60 ans après sa création, les mentalités ont évolué de manière générale et nombreuses sont celles qui portent la minijupe sans même songer à l'esprit contestataire qu'elle a pu représenter. Néanmoins, si contrairement à d'autres vêtements une journée mondiale lui est destinée tous les 6 juin depuis 2015, c'est justement car elle peine toujours à se faire accepter.

En 2014, un article du journal 20 Minutes au sujet du viol de deux vacancières sur une plage d'Argelès-sur-mer parlait du port de la minijupe comme d'un "comportement à risque", des propos qui avaient alors révolté de nombreuses lectrices. Cette situation n'est pas un cas isolé et prouve que le combat pour la démystification de la minijupe est loin de toucher à sa fin.

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