Prairies aéroportuaires : quel est leur rôle pour la biodiversité ?

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Les prairies aéroportuaires permettent de protéger la faune et la flore.
Les prairies aéroportuaires permettent de protéger la faune et la flore.
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© Adobe Stock, Chalabala

L'avion est considéré comme l'un des transports les plus polluants et ainsi très souvent pointé du doigts. Pourtant, sous cette mauvaise image se cache la protection de la biodiversité grâce à des prairies aéroportuaires. Petit zoom sur leur action pour la planète.

Vous n'étiez pas au courant ? Et pourtant ce n'est pas une blague. Les aéroports sont bien mobilisés pour l'environnement. Constitués de plus de 70% de prairies et d'espaces verts, les aéroports abritent de nombreuses espèces végétales comme animales. Des prairies certes proches de zones industrielles, mais qui ont une surface d'environ 350KM2 et sont généralement exemptes de produits phytosanitaires.

C'est la compagnie aérienne HOP qui est la première à s'y être penchée dessus, avant de créer l'association "HOP ! Biodiversité", devenue aujourd'hui Aéro Biodiversité, en collaboration avec le Muséum national d'histoire naturelle et le ministère de la Transition écologique et solidaire. Cette association a pour but d'évaluer et de promouvoir la biodiversité dans les aéroports. Ainsi, depuis plus de six ans, l'association intervient sur le terrain pour répertorier et valoriser les espèces animales et végétales auprès des aéroports partenaires, avec l'aide de professionnels comme des vétérinaires.

De nombreux aéroports déjà conquis

Pour le moment on recense 15 aéroports qui se sont engagés dans la démarche. L'association a à ce jour répertorié 187 espèces d'oiseaux (soit 40% des espèces présentes en France). C'est plus de 1660 espèces de faune et flore recensées au total. Le but de l'association est de se rapprocher des aéroports et aérodromes pour leur faire connaître la biodiversité et les sensibiliser à sa protection.

L'aéroport de Toulouse a pris conscience de cette problématique en s'associant à Aero Biodiversité en 2017. Désormais, le site est interdit d'utiliser des produits phytosanitaires. De même, la tonte des espaces verts est étudiée pour favoriser le développement de ces lieux de vie protégés. En seulement deux ans, c'est 160 ruches d'abeilles qui se sont installées sur les pistes.

Autre que l'aéroport de Toulouse, c'est aussi Nantes Atlantique qui a rejoint l'association. L'aéroport favorise l'éco-pâturage avec l'introduction de chèvres alpines et de moutons d'Ouessant pour entretenir les abords des clôtures sans passer par un désherbage chimique.

Quant à l'aéroport de Tours, l'association a recensé 190 espèces de plantes, 61 espèces d'oiseaux et 55 espèces de papillons présentes en 2019 et 2020.

Des prairies aéroportuaires pour protéger les animaux

Autre qu'une bonne gestion de la biodiversité proche des aéroports, l'association a pour enjeu de mettre au point des systèmes pour protéger les animaux aux alentours. Autrement-dit, elle favorise des écosystèmes équilibrés, sans prolifération de la moindre espèce sur les prairies en renforçant la sécurité sur les aéroports. Ainsi, depuis 2009, tous les aérodromes nationaux sont dotés d'un service de prévention du péril animalier chargé de mettre en oeuvre les méthodes d'effarouchement. Ces dernières consistent à éloigner les oiseaux des sites aéroportuaires en utilisant différents moyens : sonores, visuel (rayon laser), pyrotechniques.

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