Pourquoi le rhinocéros est-il en voie de disparition ?

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Les rhinocéros sont braconnés pour leurs cornes.
Les rhinocéros sont braconnés pour leurs cornes.
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© Adobe Stock, Michael Robbins

Le rhinocéros est le deuxième plus grand mammifère terrestre, juste derrière l'éléphant. Il tire son nom de sa corne, très prisée par les braconniers. Ces derniers sont la principale raison de la mise en danger de l'espèce.

Les rhinocéros sont le plus largement répandus dans les savanes d'Afrique et les forêts tropicales d'Asie. Il existe actuellement cinq espèces de rhinocéros : deux en Afrique - le rhinocéros blanc et le rhinocéros noir - et trois en Asie, à savoir le rhinocéros unicorne d'Inde, le rhinocéros de Java et le rhinocéros de Sumatra. Il existe évidemment plusieurs sous-espèces, trop nombreuses pour les nommer. Mais comme pour bien des animaux en voie d'extinction, plusieurs ont d'ores et déjà disparu, et les autres sont en danger.

Rhinocéros au pluriel

En Afrique, il y aurait à l'heure actuelle 5 500 rhinocéros noirs et 20 000 rhinocéros blancs. Certes, ils se comptent toujours en milliers, mais le nombre est suffisamment faible pour être inquiétant. En Asie, les chiffres sont plus affolants : 3 600 rhinocéros indiens, mais seulement 74 rhinocéros de Java et moins de 80 rhinocéros de Sumatra.

Aujourd'hui, le rhinocéros blanc est considéré comme "quasi menacé" par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), puisque sa réinsertion ces dernières années a été un succès. En revanche, le rhinocéros noir demeure en "danger critique", tout comme celui de Java et de Sumatra. Le rhinocéros d'Inde est quant à lui classé "vulnérable".

Braconnage et territoires hostiles

La principale cause de la disparition des rhinocéros est le braconnage. Ils sont chassés pour leur corne, réduite en poudre pour obtenir un remède réputé dans plusieurs pays d'Asie pour ses supposés bienfaits. Elle permettrait notamment de lutter contre les maux de tête ou même le cancer, mais cela n'a jamais été scientifiquement prouvé.

Mais le braconnage n'est pas le seul facteur à prendre en compte. Une bonne partie des rhinocéros vivent sur des terres où des guerres civiles sévissent. Le contexte politique empêche donc un contrôle du braconnage et une surveillance et une protection optimale. Par ailleurs, leur habitat diminue fortement. Les prairies fertiles et les forêts où les rhinocéros s'épanouissent sont de plus en plus remplacées par des terrains agricoles, obligeant les troupeaux à se retrancher dans des espaces plus restreints, les rendant d'autant plus vulnérables.

Une protection difficile

De nombreuses associations et organismes sont à pied d'oeuvre pour tenter de pallier cette fragilisation, rien n'est joué et le futur des rhinocéros reste incertain. Cette difficulté pour la protection de l'espèce est d'ordre biologique : le cycle hormonal des rhinocéros est en effet difficilement cerné. "Très peu de grossesses ont réussi quand elles étaient menées par l'humain", explique Manon Hullot, la spécialiste des rhinocéros interrogée par Libération. "Chez ces animaux, ce sont des grossesses longues - seize mois - qui souvent n'arrivent pas à terme. Et les naissances sont rares : les femelles n'ont un petit que tous les trois à cinq ans maximum."

Des essais pour des fécondations in vitro ont été réalisés ces dernières années, mais il reste très difficile de contrôler les naissances. Les rhinocéros ne sont donc pas sortis d'affaire, même s'ils sont une préoccupation majeure des défenseurs des animaux et de la biodiversité.

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