Poissons migrateurs : pourquoi sont-ils menacés ?

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Chaque année, les poissons migrateurs remontent les fleuves pour la survie de leurs espèces.
Chaque année, les poissons migrateurs remontent les fleuves pour la survie de leurs espèces.
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© Adobe Stock, Bargais

Comme les oiseaux, il existe des poissons migrateurs qui entament de longs périples pour la survie de leurs espèces. Malheureusement, celles-ci sont de plus en plus menacées. En cause, de nombreux facteurs liés à l'activité humaine.

Le terme "amphihalin" désigne les espèces qui effectuent une partie de leur cycle de vie en eau douce et une autre partie en mer. Plus connues sous le nom de poissons migrateurs, ces espèces comme le saumon, l'anguille, l'esturgeon, la lamproie ou encore l'alose, sont en déclin depuis plusieurs décennies. D'après un rapport établi par plusieurs ONG de protection de la biodiversité (la Fondation mondiale pour les poissons migrateurs, l'Union internationale pour la conservation de la nature et le WWF), la population mondiale de poissons migrateurs a baissé de 76% entre 1970 et 2016.

Une baisse moyenne de 3% par an qui est, en réalité, très inégale selon les territoires. Si la raison principale globale est une dégradation voire une perte des habitats, en Europe, ce déclin est considérable compte tenu du grand nombre de barrages en travers des fleuves. Ces barrières empêchent les poissons migrateurs de rejoindre leurs zones de reproduction ou d'habitation et menacent leur survie. En conséquence, certains poissons comme les esturgeons et les anguilles sont menacés de disparition. La population d'esturgeons paye notamment un lourd tribut avec une diminution de plus de 90% du nombre d'individus depuis 1970, et au moins 6 de ses espèces évoluant dans le Danube ont complètement disparu.

Mais, d'autres facteurs comme les espèces envahissantes, les maladies, la pollution et la surpêche sont également responsables de la disparition progressive des poissons migrateurs. La surpêche compte même à elle seule pour un tiers de ce déclin. Enfin, les catastrophes naturelles liées au changement climatique ont aussi un impact. Dans un article intitulé "En 50 ans, les populations de poissons migrateurs ont décliné de 76%", le National Geographic fait notamment état des feux de brousse en Australie en 2019-2020 dont les cendres, déversées dans les cours d'eau, auraient tué un grand nombre de poissons à l'instar de l'assèchement de la rivière Darling avec près de 3 millions de poissons tués.

Cependant, le rapport "living planet index" apporte une note d'espoir en démontrant que les espèces qui bénéficient de programmes de préservation se portent mieux que les autres. L'intervention humaine peut alors avoir un impact positif, à des fins de conservation.

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