Pastoralisme et biodiversité : décryptage

Pastoralisme et biodiversité : décryptage
Le pastoralisme est une technique ancestrale qui a longtemps été oubliée.

Tradition ancestrale dans les élevages, le pastoralisme a peu à peu disparu avec l'arrivée de nouvelles pratiques, plus modernes, plus rentables et plus intensives. Pourtant, grâce à la volonté de certains éleveurs de mieux respecter la biodiversité, la technique commence tout doucement à réapparaître un peu partout en France. Mais en quoi consiste-t-elle exactement ? Est-elle réellement bénéfique pour la biodiversité ? Décryptage.

Apparue il y a 100 000 ans, la technique du pastoralisme en élevage a toujours reposé sur des piliers fondamentaux. On note parmi eux le bien-être de l'animal, sa relation avec l'humain, mais aussi et le plus important : son rôle sur l'environnement. Dans le pastoralisme, l'écosystème des pâturages est en effet au coeur du raisonnement : en fonction du type de terre (sèche ou meuble, riche ou non), du climat de la région, mais aussi de nombreux autres critères, le type d'animal placé sur la parcelle ne sera pas le même. Une façon de travailler dans le respect de la biodiversité, en satisfaisant autant les besoins de la terre que celui des bêtes, et en les rendant complémentaires. Autres éléments spécifiques au pastoralisme : l'utilisation des pâturages et le mouvement des troupeaux. Un élevage réalisé dans les règles de l'art doit s'auto-suffire avec ce que la nature propose, ne doit pas excéder trop d'animaux par parcelle (ou alors cela est considéré comme de l'élevage intensif) et bouger régulièrement d'une prairie à une autre.

Différentes sortes de pastoralisme

Au sein même de cette technique d'élevage ancestrale, il existe différentes façons de la pratiquer. Certains éleveurs préfèrent le pastoralisme nomade (lorsque l'éleveur et son troupeau se déplace de façon régulière en permanence), d'autres la transhumance (très utilisée en montagne, lorsque les mouvements de troupeau sont saisonniers pour relier une pâture à une exploitation ou inversement), ou encore l'agropastoralisme (lorsqu'une commune profite de la pâture, une fois les bêtes parties, pour la cultiver). L'éco-pastoralisme est également considéré comme faisant partie de ce groupe (très utilisé en ville, lorsque des animaux sont mis dans des zones pour tondre par exemple), tout comme le ranching (qui consiste simplement à laisser les bêtes sur une grande prairie).

De nombreux points positifs

Cette technique, avant tout pensée pour être en harmonie avec la nature, peut engendrer des effets positifs sur la faune et la flore situées aux alentours des pâtures. La création pour les bêtes d'un point d'eau en zone aride peut, par exemple, être bénéfique pour la végétation, qui va se développer, mais aussi pour les animaux, qui peupleront plus la zone. Le placement d'animaux plus gros comme des vaches ou des cheveux peut aussi se révéler bénéfique pour la végétation comme pour le sol : cela attire diverses petites espèces qui participent à l'enrichissement de l'écosystème sur place et la biodiversité. Il en va de même pour les prairies utilisées lors du pastoralisme nomade, qui donne des prairies bien plus riches et pouvant se renouveler.

Quelques impacts négatifs

Comme dans toute technique d'élevage, aussi vieille soit-elle, il existe des points négatifs. Si les gros animaux peuvent être bénéfiques pour le sol, ils peuvent aussi le tasser et donc le rendre moins viable pour les petites bêtes qui y vivent et qui sont indispensables à la biodiversité. De même, dans le cas d'un élevage qui ne bouge pas ou très peu, la richesse des sols est impactée et risque de déboucher sur des plantes épineuses ou pas comestibles pour les animaux.

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