Fermeture des delphinariums : quel avenir pour les cétacés ?

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Suite à l'adoption du projet de loi sur la lutte contre la malatraitance animale, les delphinariums devront prochainement fermer leurs portes.
Suite à l'adoption du projet de loi sur la lutte contre la malatraitance animale, les delphinariums devront prochainement fermer leurs portes.
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© Adobe Stock, rafalkubiak

Alors que la loi sur la lutte contre la maltraitance animale a été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale fin janvier 2021, la question de l'avenir des cétacés - vivant actuellement en captivité dans des delphinariums condamnés à fermer - se pose désormais.

Début 2021, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale. Le texte prévoit des sanctions et des peines applicables aux personnes responsables d'actes de cruauté ou de sévices à l'encontre des animaux. Par ailleurs, le projet de loi s'est penché sur le cas des animaux sauvages détenus en captivité en déclarant désormais interdite leur exploitation à des fins de divertissement. Une mesure qui s'applique aux cirques mais aussi aux delphinariums, où sont retenus captifs de nombreux cétacés.

Les delphinariums régulièrement entachés par les scandales

En France, les delphinariums ont souvent été éclaboussés par des scandales. Ce qui a pu leur être reproché ? La mort de certains cétacés, des transferts fréquents, une origine des animaux qui n'est pas toujours rigoureusement tracée ainsi que des conditions de vie inadaptées et des cadences effrénées, souvent au rythme de plusieurs spectacles par jour tout au long de l'année. Si le projet de loi semble en apparence salutaire pour le bien-être des orques et autres dauphins, elle pose néanmoins une question de taille : dès lors, quel avenir pour ces cétacés ?

Quid des sanctuaires ?

Si les animaux pourront encore demeurer quelque temps au sein des structures qui les accueillent pour recevoir des soins, leur exploitation sera désormais interdite. Néanmoins, se pose la question de l'après. S'il existe à ce jour des sanctuaires marins, ces zones ne sont pas physiquement délimitées.

Or, selon les associations engagées dans la protection des animaux, la réhabilitation des cétacés nés ou détenus en captivité nécessite dans un premier temps un accueil dans un enclos marin : une zone close où ils pourraient se réhabituer à leur milieu naturel avant d'être relâchés. Toutefois, il existe une problématique : ces enclos marins demeurent un type de structure onéreux, à l'organisation floue, mais qui surtout n'existent pas tels quels à l'heure actuelle en Europe.

Un problème déplacé

En effet, le projet de loi semble n'avoir fait que déplacer le problème puisqu'aucune structure d'accueil semble n'avoir été à proprement parler définie. À l'heure actuelle, il n'existe aucune mesure concrète pour améliorer le sort des cétacés. En conséquence, certains delphinariums qui appartiennent à de grands groupes internationaux, décident simplement de transférer leurs animaux vers d'autres établissements à l'étranger. Des transferts qui jettent un réel doute sur l'avenir de ces cétacés qui, en plus de continuer à être exploités, risquent également de se retrouver dans des pays où les normes en vigueur sont moins strictes qu'en France, dégradant un peu plus leur conditions de vie.

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