Croisières : pourquoi sont-elles une menace pour l'environnement ?

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Même à l'arrêt, les paquebots de croisière participent à polluer l'atmosphère.
Même à l'arrêt, les paquebots de croisière participent à polluer l'atmosphère.
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© Adobe Stock, den-belitsky

Pour partir à la découverte des lointains horizons, nombreux sont les vacanciers qui privilégient les croisières pour effectuer leurs voyages. Seulement voilà, elles ne sont pas spécialement bonnes pour l'environnement. On vous explique pourquoi.

Des mesures anti-bateaux de croisière dans plusieurs villes portuaires

Prisés par certains vacanciers, les bateaux de croisière sont pourtant de plus en plus persona non grata dans certaines destinations phare. C'est par exemple le cas de Venise ou de Santorin, qui ont depuis peu décidé de limiter l'accès de ces navires aux zones côtières. En Italie, le président du Conseil, Mario Draghi, avait ainsi décidé en août 2021 d'interdire tout bonnement les abords du centre-ville de la Cité des Doges aux paquebots de plus de 180 mètres de long. Il faut dire qu'en plus de la nuisance sonore qu'ils génèrent, ces bateaux de croisière, conçus pour certains comme de véritables villes ambulantes avec la capacité d'accueillir des milliers de personnes, polluent.

Un facteur qui participe grandement à la mauvaise qualité de l'air

Les navires de croisière contribuent fortement à la baisse de la qualité de l'air dans les grandes villes. En plus de rejeter du CO2, les bateaux émettent également de l'oxyde d'azote et de l'oxyde de soufre en très grande quantité, cela même à l'arrêt. En 2019, l'ONG Transport et environnement avait ainsi démontré que 57 bateaux présents à Marseille en 2017 avaient émis quatre fois plus d'oxyde de soufre que tous les véhicules dans l'agglomération.

Un fléau pour les fonds marins

Responsable de la pollution à l'ozone, l'oxyde de soufre rejeté par les navires altère également la qualité de l'eau en la rendant plus acide, ce qui a notamment un impact négatif sur la faune marine. En parallèle, ces navires produisent également énormément de déchets. En plus de ceux jetés parfois négligemment par les passagers par-dessus-bord, il faut notamment compter les eaux usées, issues par exemple des sanitaires ou encore des piscines présentes sur les navires. Rejetées en mer, ces eaux souvent chargées en azote, en chlore ou en phosphore contribuent à diminuer le taux d'oxygène présent dans l'eau tout en contribuant à la prolifération excessive des algues ; des phénomènes qui menacent la survie des poissons et du corail mais qui peuvent également représenter un danger pour la santé des baigneurs.

Des tonnes de carburants particulièrement polluants

Il faut également noter que les bateaux de plaisance consomment en masse du gazole bon marché, du fioul, un type de carburant particulièrement dense et lourd, interdit pour les voitures, justement en raison de son caractère très polluant. Or, la présence de ce carburant représente en soi un potentiel désastre écologique. En effet, le risque zéro n'existe pas et, comme on a pu le voir au cours de ces dernières années, un naufrage peut vite donner lieu à une marée noire avec des tonnes de fioul déversés dans l'eau qui mettent en péril l'entièreté des écosystèmes marins sur le long terme. Or, si aujourd'hui on voit se construire de nouveaux modèles de navires qui fonctionnent par exemple au gaz naturel, ces bateaux moins polluants restent encore minoritaires dans le parc maritime.

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