Achat de seconde main : est-ce vraiment moins polluant ?

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Vinted, Vestiaire Collectif, Le Bon Coin... Le marché en ligne de la seconde main se popularise.
Vinted, Vestiaire Collectif, Le Bon Coin... Le marché en ligne de la seconde main se popularise.
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© Adobe Stock, Firma V

La pleine conscience de l'urgence climatique et le rejet croissant de l'industrie de la fast-fashion poussent de plus en plus de consommateurs à se tourner vers la seconde main. Grâce à ce regain d'intérêt, des plateformes comme Vinted ou Le Bon Coin séduisent désormais le plus grand nombre. Seulement, ce marché est-il vraiment meilleur pour l'environnement ?

Le marché de la seconde main alimente celui de la première

Aux premiers abords, il peut paraître surréaliste de reprocher à la seconde main d'alimenter le jeu de la fast-fashion, et pourtant... Ce phénomène paradoxal repose sur les intentions des vendeurs. En proposant leurs vêtements ou leurs meubles sur les plateformes populaires, les utilisateurs collectent en fait les fonds nécessaires pour consommer de la première main. En effet, une étude réalisée par le cabinet Boston Consulting Group pour le site Vestiaire Collective indique que 70% des vendeurs en ligne procèdent de la sorte.

Ainsi, l'alibi écologique s'écaille tristement. Bien que les acheteurs soient dans la bonne démarche, les vendeurs, eux, usent - pour la plupart - de l'argent cumulé pour arrondir leurs fins de mois, mais aussi pour consommer plus ailleurs, en première main.

La seconde main en ligne : le faux ami de la planète

Que ce soit en lien avec le volet numérique comme avec celui de la livraison, le marché de la seconde main en ligne se révèle bel et bien polluant. Vestiaire Collectif, Le Bon Coin, Vinted, Facebook Marketplace... Des serveurs informatiques assurent l'existence de tous ces sites en vogue. Pour ce faire, une consommation importante d'électricité est mise à profit, souvent produite par des centrales de charbon.

Au niveau de la livraison, le dispositif détonne lui aussi avec les préoccupations écologiques. Afin de faciliter la livraison, et ce dans des délais rapides, des contrats sont signés entre les hébergeurs et les transporteurs. Longs trajets, bouchons, détérioration des routes... Ces méthodes de livraison - d'ailleurs affiliées au shopping en ligne de première main et communément identifiées comme nocives pour l'environnement - sont adoptées par le marché de l'occasion. Toutefois, il serait bien trop manichéen de catégoriquement associer la seconde main à la pollution.

Quelles solutions moins polluantes ?

Face à la seconde main, tout est une question de bons gestes, de bonnes intentions et de bons fournisseurs. Déjà, il serait bénéfique de mettre fin à la consommation circulaire tendant à revendre pour acheter neuf. Si l'objectif est d'adopter la seconde main pour réduire son impact sur l'environnement, il est mieux d'aller jusqu'au bout de la démarche : vendre d'occasion pour acheter d'occasion. De même, il faut être prudent durant le processus en reprenant des cartons recyclés par exemple, plutôt que d'user d'emballages en plastique pour expédier ses articles.

Concrètement, le réel problème découle du marché en ligne de la seconde main. Seul un faible pourcentage des livraisons sont effectuées en train (et c'est bien dommage !), en plus de la problématique liée aux serveurs informatiques. En opposition, certaines associations écologiques font la promotion du troc. Sur la même lignée, la plateforme Geev par exemple, permet de donner et recevoir gratuitement des biens aux alentours. En outre, bien que le marché des friperies et des boutiques associatives ait ses quelques limites, il panse pas mal des maux causés par la revente en ligne. Alors on se motive à chiner sur place ?

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