Focus sur l'aquamation, alternative écolo à la crémation

Chargement en cours
L'aquamation consiste à réduire le corps en cendres grâce à une solution alcaline.
L'aquamation consiste à réduire le corps en cendres grâce à une solution alcaline.
1/2
© Adobe Stock, FreezeFrames

Si la crémation et l'inhumation sont les seules pratiques funéraires autorisées en France, des alternatives plus écologiques se développent doucement autour du globe. C'est le cas de l'aquamation, procédé qui aboutit à la réduction de la dépouille en poussière sans combustion. Zoom sur cette technique et sur ses avantages pour la protection de l'environnement.

Qu'est-ce que l'aquamation funéraire ?

La technique de l'aquamation repose sur le procédé d'hydrolyse alcaline. Le corps est plongé dans une eau très chaude mais non bouillante, à laquelle a été ajoutée une solution alcaline (contenant notamment des carbonates et des hydroxydes comme le potassium). La température de l'eau, son mouvement mais aussi son alcalinité dissolvent tous les tissus dans le liquide. Au bout de quelques heures (entre 3h et 10h, selon le type de caisson dans lequel se trouve le corps et la pression du liquide), il ne reste que les os du défunt. Ceux-ci sont alors broyés pour être transformés en cendres, comme dans le cas d'une crémation.

Une pratique plus écologique que la crémation et l'inhumation

La technique de l'aquamation a été brevetée aux États-Unis en 1888. Utilisée dans de nombreux pays pour éliminer les restes d'animaux, elle commence tout juste à se développer en tant que pratique funéraire pour les Hommes, dans des pays comme le Canada, l'Australie, la Grande-Bretagne et certains états des États-Unis. Un développement qui se fait notamment en raison des avantages écologiques de la méthode. L'aquamation est en effet bien moins énergivore que la crémation, qui nécessite d'arriver à une température de 1200 degrés. Autres atouts :

• Elle émet peu de gaz à effet de serre ;

• Elle dégage 100 kg de CO2 de moins qu'une crémation, selon une étude néerlandaise réalisée en 2011 ;

• Elle donne lieu à un liquide non polluant qui peut retourner à l'écosystème par le circuit classique ;

• Ce liquide, riche en nutriments, peut même être utilisé comme engrais ;

• Les métaux comme le plomb, le mercure ou le titane (utilisés dans les prothèses) peuvent être récupérés à la fin du processus ;

• Elle ne nécessite pas d'achat de cercueil.

Par ailleurs, l'aquamation, tout comme la crémation, permet de répondre à la problématique du trop-plein des cimetières. Outre ces avantages, cette méthode est intéressante sur le plan sanitaire puisqu'elle neutralise les maladies, les virus et les bactéries dont la dépouille pourrait être porteuse, et s'avère aussi moins coûteuse que les autres pratiques funéraires. Enfin, sur le plan symbolique, elle apparaît plus douce qu'une réduction en cendres par les flammes.

D'autres solutions pour des funérailles écolo

En France, seuls l'enterrement et la crémation sont pour le moment autorisés. Néanmoins, en raison de l'urgence écologique, il n'est pas impossible que l'Hexagone se décide elle aussi à légaliser l'aquamation. En attendant, pour des funérailles moins nocives pour l'environnement, il est possible d'opter pour un cercueil en carton, en bambou ou en papier mâché, ou encore pour une urne funéraire biodégradable pouvant être enterrée ou immergée sans polluer.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.