Les militants du RN ont entamé leur 17e congrès à Perpignan, une semaine seulement après une défaite aux régionales qui les a sonnés

par Jeanmarcmorandini.com

Les militants du RN ont entamé leur 17e congrès à Perpignan, une semaine seulement après une défaite aux régionales qui les a sonnés, mais qui ne devrait pas provoquer de changement sur la ligne de "normalisation" avant la présidentielle. L'hôte de cette réunion et maire RN de la ville, Louis Aliot, a accueilli pendant plus d'une heure Marine Le Pen samedi matin à l'hôtel de ville. Il souhaite "s'interroger" sur la "part de responsabilité" de sa formation, ressortie bredouille des régionales, avec 30% d'élus en moins.

Les dirigeants du RN, Marine Le Pen en tête, accusent d'abord l'abstention, massive, qui a notamment touché les jeunes et les classes populaires, catégories dans lesquelles le RN réalise ses meilleurs scores. Elle fait l'objet d'une table ronde sur la "démocratie face au défi de l'abstention", à laquelle participera le maire de Moissac, Romain Lopez, qui avait émis des critiques après le scrutin.

Mais pas question de remettre en cause la stratégie de "normalisation" du discours, pourtant questionnée par des militants ou en périphérie du RN. "La stratégie d'ouverture doit continuer", était le thème d'une autre table ronde défendu par la tête de liste ex-LR en Paca Thierry Mariani.

Romain Lopez lui aussi juge que la "ligne de synthèse" du RN est "la bonne". Aucune personnalité n'apparaît de toute façon en capacité de porter les mécontentements internes lors du congrès, qui n'est pas organisé autour de motions ou de courants comme dans d'autres formations.

La direction du RN avait en outre été accusée d'avoir mis à l'écart, l'été dernier, les partisans de l'ancienne députée FN Marion Maréchal, qui n'a plus sa carte au parti. Le RN s'est-il trop "banalisé", au risque de ne plus intéresser les électeurs ? "Un faux débat", estime Louis Aliot.

Quand l'ancien président Jean-Marie Le Pen accuse la "délepénisation" du parti, duquel il a été exclu en 2015, sa fille Marine Le Pen répond qu'elle ne "recherche ni plus ni moins de radicalité" et veut "agir sans violence et sans faiblesse".

Quant à "l'ouverture" à des candidats extérieurs au parti, mise en avant aux régionales mais critiquée par des fédérations qui y ont vu des parachutages aux dépens de militants mieux implantés, Louis Aliot affirme qu'il "préfère l'ouverture à la fermeture" et fait valoir sa conquête de Perpignan, obtenue l'an dernier "en ouvrant les bras à d'autres, sur un projet".

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