Laure Manaudou, son "énorme dépression" après son 3e bébé : "Je sais même pas si je l'ai dit à mon mari..."

Laure Manaudou, son "énorme dépression" après son 3e bébé : "Je sais même pas si je l'ai dit à mon mari..."Laure Manaudou a révélé avoir été victime de dépression post-partum après la naissance de son troisième bébé, né de son mariage avec Jérémy Frérot. © BestImage, Cyril Moreau

, publié le 11 octobre 2022

En interview avec "Brut", Laure Manaudou, 36 ans, championne olympique de natation et maman de trois enfants, s'est exprimée sans tabou sur ce mal qui l'a frappée après la naissance de son dernier bébé : une dépression post-partum d'un an.

Laure Manaudou se montre comme on ne l'a jamais vue : à coeur ouvert pour le média Brut, elle aborde sans fard sa dépression post-partum d'un an. La championne olympique de 36 ans, maman de trois enfants, explique face caméra les difficultés qu'elle a rencontrées après la naissance de son troisième enfant. Un témoignage particulièrement fort au lendemain de la Journée Mondiale de la santé mentale qui présente un autre visage de la sportive, en couple avec le musicien Jérémy Frérot.

Pour Brut, Laure Manaudou raconte les difficultés qu'elle a dû affronter après la naissance de son troisième bébé et sa dépression post-partum. La sportive de haut-niveau est en effet maman de Manon, 12 ans et née de son ancien couple avec le champion de natation Frédérick Bousquet. Avec le chanteur Jérémy Frérot, qu'elle a épousé en 2018, elle a eu deux garçons, Lou, né le 18 juillet 2017, puis un autre petit garçon dont elle a gardé le prénom secret, né le 9 janvier 2021. Un prénom que l'on sait maintenant non genré, comme pour Lou.

J'avais l'impression de ne pas savoir m'occuper de mon fils.
Cash, Laure Manaudou déclare : "Je me suis rendue compte que j'ai fait une énorme dépression post-partum. Ça veut dire que pendant un an, j'étais en dépression. Je me suis sentie submergée, étouffée. C'était trop en fait, c'était oppressant. J'ai fait comme tout le monde, je n'ai appelé personne. Et franchement, c'est dommage. Je ne me suis pas comprise. En tant que sportive, je devais être dure." Persuadée qu'elle n'avait pas "le droit" de faire une dépression puisque c'était son troisième enfant et qu'elle devait donc être plus préparée, mais aussi parce qu'elle a un fort mental de sportive de haut niveau, la jeune femme n'a pas compris qu'elle était pourtant face à une dépression post-partum : "J'étais fatiguée et énervée. J'avais l'impression de ne pas savoir m'occuper de mon fils alors que ce n'était pas le premier, c'est le troisième."

Dans son cas, le symptôme le plus puissant de sa dépression était la place que prenaient les émotions négatives, dûes notamment au manque de sommeil : "Je gueulais sur mon mari la nuit alors que je suis très calme et que je ne crie pas. Je ne suis pas avec quelqu'un qui mettait des boules quiès et qui ne m'aidait pas du tout. Il s'est toujours réveillé pour nos deux garçons. C'était beaucoup de larmes, parce que de l'incompréhension, de la fatigue nerveuse. Pourquoi je n'arrive pas à me relever toute seule. C'était un sentiment d'échec."

Constamment énervée et agacée, notamment devant son aînée qu'elle reprend sans arrêt et pour pas grand-chose, Laure Manaudou explique pourquoi elle s'est comme "accommodée" de sa dépression, elle qui a été habituée à se gérer seule - elle a quitté le cocon familial à 14 ans pour la natation. Mais pour ses enfants, elle a décidé de prendre la parole.

Ce n'était pas voulu de prévenir personne.
Parler de ses difficultés, c'est "comme une thérapie", un premier pas vers la guérison. Elle veut sensibiliser sur les difficultés qu'on peut connaître après la naissance d'un enfant, même pour une star comme elle. Son interview va sûrement déstabilisé ses proches : "Ils vont être surpris parce que j'en ai jamais parlé. Je sais même pas si je l'ai déjà dit à mon mari. Peut-être une fois. Je voulais être forte (...). Mais en tout cas, ce n'était pas voulu de prévenir personne. On n'ose pas demander. On met du temps aussi à se rendre compte qu'on fait une dépression. (...) Aujourd'hui avec du recul, j'aurais préféré appeler quelqu'un ou demander de l'aide pour minimiser le temps de dépression."

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