Médias : Les 10 qui ont fait 2021

Médias : Les 10 qui ont fait 2021Eric Zemmour sur BFMTV © DR

, publié le 26 décembre 2021

Les dix personnalités qui ont marqué cette année médiatique.

Comme lors de chaque période des fêtes, puremedias.com vous propose de revivre l'année écoulée du monde médiatique au travers de nombreux articles. Place maintenant aux 10 personnalités qui ont fait l'actualité des médias en 2021. S'y croisent des personnalités politiques, des hommes d'affaires, des vidéastes ou encore des animateurs.

1. Eric Zemmour

De son exposition sur CNews à sa candidature à l'élection présidentielle, Eric Zemmour a agité le monde des médias tout au long de l'année 2021. Avec sa quotidienne "Face à l'info", présentée par Christine Kelly, le polémiste d'extrême-droite s'est installé en locomotive de la chaîne d'information du groupe Canal+, permettant au canal 16 de dépasser en audiences sur une journée, BFMTV, et ce à plusieurs reprises. Même après le départ de l'éditorialiste de la chaîne, CNews a su conserver des scores honorables, chatouillant sa principale concurrente du groupe Altice.

Mais Eric Zemmour ne s'est pas contenté de redistribuer les cartes de la bataille des chaînes d'information. Depuis cet été, une rumeur avait circulé dans les rédactions concernant une possible candidature à l'élection présidentielle de la plume du "Figaro". En promotion pour son nouvel ouvrage "La France n'a pas dit son dernier mot" et ambigu concernant ses intentions d'entrer en campagne, le CSA a décidé en septembre de décompter son temps de parole, le considérant comme un "acteur du débat politique national".

Invité sur tous les plateaux télés et radios, l'ex-visage de CNews est devenu une poule aux oeufs d'or du côté des audiences. Pas encore officiellement candidat, il est invité sur BFMTV dans un face-à-face avec Jean-Luc Mélenchon le 23 septembre. La chaîne info s'installe leader des chaînes nationales avec 3,81 millions de téléspectateurs (18,7% de PDA) selon Médiamétrie.

Saturant l'espace médiatique pendant plusieurs semaines, Eric Zemmour officialise finalement sa candidature à la présidentielle le 30 novembre, et accorde dans la foulée au "20 Heures" de TF1 sa première interview - très tendue - de prétendant à l'Elysée.

2. Vincent Bolloré

Après Canal+ et iTELE, le rouleau-compresseur s'est attaqué à un nouveau média cette année. Attendu dans la bataille pour racheter des parts du groupe M6, Vincent Bolloré s'est finalement illustré en prenant le contrôle du groupe Lagardère, qui détient, entre autres, la station Europe 1 et les journaux "Paris Match" et "Le journal du dimanche". Si le tycoon breton ne s'est pas encore officiellement penché sur les deux magazines, il a d'ores et déjà fait planer son ombre sur la station bleue.

Juste avant l'été, l'ombre du milliardaire patron de Vivendi, a provoqué une grève, puis le départ de nombreux collaborateurs d'Europe 1, rappelant le cas i-Télé quelques années auparavant. Des événements survenus alors qu'Europe 1 a dû faire face à un chamboulement de sa grille, sur fond de difficultés d'audience structurelles et d'une perte de plus de 20 millions d'euros en 2020.

Après une série de départs - dont notamment celle de Nicolas Canteloup de la matinale -, Europe 1 a fait sa rentrée avec une grille des programmes renouvelée et rapprochée de CNews. La matinale est désormais incarnée par Dimitri Pavlenko, camarade de table d'Eric Zemmour dans "Face à l'info". Laurence Ferrari a désormais une tranche d'information en fin de journée, reprenant le flux de son émission sur CNews. D'autres visages du groupe Canal+ ont aussi intégré l'antenne comme Romain Desarbres, Laurie Cholewa, Isabelle Moreau, William Leymergie, Mouloud Achour et Matthieu Bock-Côté. Des changements qui n'ont toutefois pas su pour l'instant relever la barre des audiences lors de la première vague d'audiences de Médiamétrie.

3. Amazon Prime Video

Quand soudain, semblant crever le ciel et venant de nulle part, surgit Amazon Prime Video. En 2021, la Ligue 1 a connu de nombreux épisodes concernant ses droits télévisés. Détenteur de 80% de la première division, la chaîne Téléfoot du groupe sino-espagnol Mediapro s'est arrêtée quatre mois seulement après sa création. Un fiasco qui a mis en péril certains clubs de football français.

En janvier, la Ligue de football professionnel (LFP) a lancé une consultation de marché pour réattribuer les droits télévisés de Téléfoot. Après un appel d'offres "infructueux", Canal+ est parvenu à un accord lui donnant la totalité des droits télés jusqu'à la fin de la saison. Mais à l'issue de cette dernière, un nouveau rebondissement a animé le monde du football.

Lors d'un nouvel appel d'offres en juin, Amazon Prime Video s'est offert 80% de la Ligue 1 en échange de 250 millions d'euros, contre 800 millions par an promis auparavant par Mediapro. De son côté, pour 332 millions d'euros par an, Canal+ a conservé pour l'instant le lot 3, acquis en 2018 par beIN Sports, qui lui sous-licencie depuis la saison de 2020/2021.

Un résultat qui déplaît à la chaîne cryptée qui veut céder ses droits, estimant les payer désormais trop chers. Mais le tribunal de commerce de Nanterre a imposé à Canal+ d'honorer son contrat et de diffuser deux matchs par journée de championnat, sous peine d'une pénalité d'un million d'euros par jour de retard. Le groupe de Maxime Saada a fait savoir qu'il faisait appel de la décision en août dernier.

5. PPDA et Nicols Hulot : le "MeToo" des médias

Le mouvement "MeToo" s'est poursuivi en 2021 en France, notamment dans les médias. En février 2021, l'auteure Florence Porcel a déposé plainte contre l'ancienne star du "20 Heures" de TF1, Patrick Poivre d'Arvor, pour viol et agression sexuelle. Une enquête préliminaire a été ouverte et confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne. Après le témoignage de l'écrivaine, d'autres ont été recueillis par la presse et la justice les mois suivants.

En mars, "Le Monde" a relaté de nouvelles accusations, dont celle de Hélène Devynck, journaliste sur la première chaîne au moment des faits. Après plusieurs mois d'investigation, les témoignages de 23 femmes et huit plaintes, l'enquête pour viols a été classée suite pour "prescription" ou pour "insuffisance de preuve". Plus récemment, en décembre, trois nouveaux témoignages se sont ajoutés et deux nouvelles enquêtes pour viol ont été engagées.

Ce "MeToo" des médias s'est également illustré par une enquête de "Libération" en novembre concernant Nicolas Hulot. Le quotidien de gauche a relaté huit témoignages contre l'ex-présentateur pour agressions sexuelles et viol. Le 25 novembre, c'est "Envoyé spécial" qui dédie un reportage à l'affaire Nicolas Hulot, avec les accusations de plusieurs femmes contre l'ancien ministre. Après la diffusion du magazine de France 2, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. De son côté, Nicolas Hulot a annoncé dans un entretien à BFMTV, juste avant la diffusion de l'émission de France 2, "quitter définitivement la vie publique" et la présidence de sa fondation.

6. McFly et Carlito

L'année de la consécration pour le tandem le plus drôle de Youtube. Cette année, McFly et Carlito n'ont jamais autant fait parler d'eux. En pleine seconde vague de Covid-19, le duo a reçu le défi mi-février, de la part d'Emmanuel Macron, de tourner un clip musical rappelant aux gens les gestes barrières. Le challenge : s'ils parvenaient à dépasser les 10 millions de vues, le président acceptait de participer au format du "Concours d'anecdotes", à l'Elysée.

Sans surprise, les deux comiques y sont parvenus. La chanson "Je me souviens" a aujourd'hui dépassé les 16 millions de vues. Le chef de l'Etat a ainsi joué le jeu. Un featuring qui a en revanche été critiqué par certains dans les médias, dont notamment François Hollande. Par la suite, McFly, Carlito et Emmanuel Macron ont chacun eu un gage à l'issue de la vidéo. Les deux youtubeurs ont dû monter dans un avion de chasse lors du 14 juillet 2021, tandis que le locataire de l'Elysée a dû glisser une photo des deux vidéastes lors d'une prise de parole.

7. Marie Portolano

Elle a co-signé un documentaire choc. En mars dernier, Marie Portolano a annoncé son transfert en direction de M6. Elle a notamment rejoint le groupe de Nicolas de Tavernost pour reprendre les manettes du "Meilleur pâtissier" et animer des divertissements en prime time. Mais avant son départ officiel de Canal+, la présentatrice a co-réalisé, avec Guillaume Priou, le documentaire "Je ne suis pas une salope, je suis journaliste", diffusé en crypté le 21 mars.

Dans ce reportage, plusieurs journalistes femmes ont relayé les harcèlements et comportements sexistes qu'elles ont subis au sein de leur service des sports respectif. Parmi les nombreuses accusations, qui ont concerné divers médias, Pierre Ménès a été visé par plusieurs témoignages. Il est accusé d'avoir soulevé la jupe, hors antenne, de Marie Portolano et d'avoir embrassé de force à la télévision Isabelle Moreau et Francesca Antoniotti. Une enquête a été menée au sein de Canal+ concernant le chroniqueur sportif et sept victimes et douze témoins d'agissements de Pierre Ménès se seraient manifestés. En juillet dernier, Pierre Ménès a finalement été écarté de Canal+.

De son côté, le documentaire de Marie Portolano a été primé lors des Assises du journalisme 2021, en septembre dernier. Guillaume Priou et elle ont reçu le prix Enquête et Reportages.

8. Alexia Laroche-Joubert

Une saison bien chargée pour la productrice star. Cette année, Alexia Laroche-Joubert, présidente d'Adventure Line Productions (ALP) a déjà soufflé beaucoup de bougies, que ce soit les 20 ans de la "Star Academy", avec 3 soirées en octobre, ou la double décennie de "Koh-Lanta", célébrée avec une saison "all stars", baptisée "La Légende".

Cette dernière a été très commentée. Tout d'abord, contrairement aux saisons précédentes, elle a été diffusée un mardi. Ensuite, elle a surtout été entachée de diverses accusations de tricheries au cours du tournage. Si plusieurs noms ont été sorti dans la presse, seul Teheiura a été puni au cours de l'aventure pour s'être procuré de la nourriture grâce à des pêcheurs. Mais face à ces manquements "au code d'honneur", Alexia Laroche-Joubert n'a eu d'autres solutions que de ne pas désigner de gagnant lors de la finale du programme. Les 100.000 euros ont été reversés à l'association de Bertrand-Kamal.

Outre les anniversaires et les polémiques autour de ses programmes, Alexia Laroche-Joubert a également pris de nouvelles fonctions au sein de la nouvelle société "Miss France", dont elle a été nommée présidente. Elle sera épaulée par Sylvie Tellier, directrice générale de la société.

9. "Squid Game"

La série sensation de l'année. Mise en ligne sur Netflix le 17 septembre, la fiction coréenne "Squid Game" est devenue un phénomène mondial. Elle a signé le meilleur démarrage d'une série dans l'histoire de la plateforme avec 111 millions de foyers qui l'ont visionnée. L'histoire de Coréens participant à des jeux mortels pour une énorme somme d'argent a même eu le droit à la Une de "Libération", avec en titre "Série, fais-moi peur !". Déconseillée aux moins de 16 ans, la série a dépassé le cadre des médias en s'invitant dans les cours de récré, obligeant les professeurs d'école à empêcher certains enfants de refaire certaines épreuves dangereuses de "Squid Game".

10. TF1 et M6

Certainement le rapprochement médiatique de la décennie. En mai, les deux frères ennemis de la télé française TF1 et M6 ont annoncé qu'ils vont tenter de fusionner leur groupe média respectif pour créer un géant français capable de rivaliser avec les plateformes américaines. Inimaginable il y a quelques années, cette opération, dont la validation devrait durer jusqu'à fin 2022, devrait amener Nicolas de Tavernost, actuel président du directoire de M6, à prendre la présidence du nouvel ensemble. Gilles Pélisson, aujourd'hui PDG de TF1, deviendrait pour sa part directeur adjoint du groupe Bouygues en charge des médias et du développement.

Dans la foulée, Isabelle de Silva, présidente de l'Autorité de la concurrence, n'avait pas caché ses réserves sur cette fusion. Alors que TF1 et M6 représentent 70% du marché de la publicité des chaînes télévisées gratuites, "ça paraît très compliqué qu'une telle opération puisse être même envisagée", prévenait-elle sur franceinfo: en mai. Et d'ajouter : "Nous allons examiner cela avec à la fois un esprit ouvert mais beaucoup de vigilance et d'attention, pour voir si les arguments qui nous sont présentés sont exacts ou pas". Mais en octobre, la présidente de l'autorité a fait savoir qu'elle n'avait pas été renouvelée dans ses fonctions.

Autre dommage collatéral de cette possible fusion : l'avenir de Salto. Lancée en novembre 2020 par TF1, M6 et France Télévisions, la plateforme pourrait être lâchée par Delphine Ernotte, présidente du groupe audiovisuel du service public. Dans une interview accordée au "Figaro" fin novembre, elle fait savoir son intérêt de vendre ses parts dans Salto en cas de fusion entre TF1 et M6. "Dans le contexte de fusion entre TF1 et M6, c'est une option afin de concentrer nos efforts sur france.tv, qui doit être le leader incontesté du streaming gratuit en France", a-t-elle souligné.

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