Dominique Tenza nouveau titulaire des JT du week-end de M6 : "J'ai une petite pression et l'audience en fait partie"

Dominique Tenza nouveau titulaire des JT du week-end de M6 : "J'ai une petite pression et l'audience en fait partie"Dominique Tenza, présentateur de "19h45" de M6 © PASCALITO/M6

, publié le 6 janvier 2023

Ce vendredi 6 janvier 2023, Dominique Tenza devient officiellement le nouveau titulaire des journaux télévisés du week-end de M6 pendant la période de congés de Kareen Guiock. À cette occasion, il s'est entretenu avec puremedias.com.

Une greffe qui a pris. Après avoir été l'un des jokers des rendez-vous de M6, Dominique Tenza devient officiellement ce vendredi 6 janvier 2023 titulaire - par intérim - des JT du week-end de la chaîne privée. Pendant six mois et durant la pause sabbatique de Kareen Guiock, le journaliste qui officie sur RTL depuis 2008 présentera le "19.45" le vendredi et le "12.45" et le "19.45" les samedis et dimanches. Pour puremédias.com, il a accepté de se livrer quelques heures avant ce nouveau défi. Interview.

Propos recueillis par Benjamin Rabier

puremedias.com : Vous passez de joker à titulaire. Qu'est-ce que ça va changer pour vous ?Dominique Tenza : C'est une pression supplémentaire. Jusqu'à présent, je faisais des remplacements de temps en temps. Là, ça va devenir récurrent pendant six mois. Le journal restera le même mais je serai davantage comptable des résultats. Même si ce n'est pas un travail solo mais d'équipe, je suis celui qui va l'incarner à l'écran pour les téléspectateurs. A titre personnel, c'est un travail tous les week-ends alors qu'avant je bossais toute la semaine du lundi au vendredi, le matin en me réveillant à 2h. Mais j'avais tous mes week-ends (rires). Là, mon travail va se concentrer sur 4 journées, une de préparation le jeudi, le vendredi avec le "19.45" et deux grosses journées, les samedis et dimanches avec le "12.45" et le "19.45".

En tant que père famille de deux petites filles, est-ce que travailler le week-end a pu être un problème pour vous ?Forcément, on y pense mais depuis quatre ans, je me lève à 2h du matin et je ne les ai quasiment jamais emmenées à l'école. J'ai raté quelques rentrées scolaires. Aujourd'hui, quand elles me voient au réveil et que je les dépose à l'école le matin, elles sont contentes. Elles ont compris qu'on se verrait moins le week-end mais désormais, on se verra plus la semaine et le mercredi.

"Dire que je me fiche des audiences, ce serait mentir"- Dominique TenzaRessentez-vous la pression des audiences ?Dire que ça ne me concerne pas, que je m'en fiche, ce serait mentir. Je fais ce métier pour informer les gens. Plus ils sont nombreux, mieux c'est. Après, est-ce que j'ai eu des objectifs d'audience ? La réponse est non. Les JT du week-end de M6 fonctionnent déjà bien. Celui du dimanche soir réalise même la meilleure audience de la semaine en attirant jusqu'à 3,5 millions de téléspectateurs. Je veux faire aussi bien. J'ai une petite pression et l'audience en fait partie.

Être titulaire de son propre JT, est-ce que ça offre une plus grande liberté dans la façon de le présenter ?Non. Ce n'est pas un exercice solitaire. Les JT sont préparés avec une équipe et un rédacteur en chef. On ne m'a jamais dicté mes lancements. Je suis libre d'écrire et de dire ce que je veux. Que ce soit dans la position de joker ou dans celle de titulaire, la manière d'écrire ne change pas grand-chose. Après c'est sur que je vais commencer à prendre quelques habitudes que je n'avais pas quand je faisais un remplacement tous les deux mois. Là, je vais présenter cinq journaux par semaine. Peut-être que les téléspectateurs le ressentiront différemment mais je garde la même liberté qu'avant.

C'est alors peut-être plus facile pour imposer ses sujets de prédilection ?C'est pareil. Tout se fait sous forme de discussions. La rédaction de M6 est un grand open space. C'est comme un grand bureau ouvert. On travaille tous ensemble et tout le temps. C'est peut-être aussi cela qui donne au rendez-vous d'information de M6 ce côté convivial, proche des gens, parce qu'il est véritablement construit comme cela. Si j'ai entendu parler d'une actualité et que j'ai envie de la traiter dans le journal, j'en parle à toute la rédaction et on discute. Ce n'est pas moi qui décide. J'ai un rédacteur en chef et on décide ensemble en bonne intelligence. Je ne décide pas de tous les sujets. La grande vedette du "20 Heures" enfermée dans son bureau, ça n'existe plus. C'était peut-être le cas il y a quelques années dans certaines rédactions avec des grandes stars. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas et je crois que chez M6, ça ne l'a jamais été.

Vous venez de la radio, comment avez-vous travaillé ce rôle d'image ? Qu'est-ce que ça a changé pour vous ?Le fait qu'on me voit, ça change déjà beaucoup de choses (il sourit). A la radio, le matin, je ne suis pas forcément tout le temps bien réveillé. J'ai les cheveux en bataille. Je ne suis pas toujours bien rasé. Sur RTL, je peux arriver avec un sweat à capuche, personne n'entendra la différence. Là, forcément, je ne peux pas me présenter comme ça sur M6. Sur la forme, le côté vu à l'image impose une préparation. Sur le fond, la manière d'écrire est différente. A la radio, il n'y a pas d'image, donc, je dois raconter ce que j'ai vu et ce que les gens ne voient pas mais entendent. C'est donc différent à la télé. En plus, l'une des particularités du JT de M6, c'est de faire la part belle à l'image, à l'infographie et à la titraille. Les titres des M6, c'est un gros boulot que les téléspectateurs adorent. Moi, je dois accompagner ça. La star, c'est l'image et le journal, moi je suis là pour raconter.

"Quand on vous propose ce poste-là, en réalité, ça ne se refuse pas"- Dominique TenzaQuelle est la particularité du JT de M6 par rapport à la concurrence ? Je crois que ça a toujours été un journal plus dynamique et plus moderne. Il est reconnu comme tel. Aujourd'hui, on est très performants auprès des jeunes et des femmes. On arrive à attirer les jeunes alors qu'on dit qu'ils ne regardent plus la télé, c'est une vraie fierté. La différence, c'est que notre journal est très concernant. Je viens d'une radio qui est reconnue pour sa pédagogie et sa proximité avec les gens pour parler de sujets qui concernent les auditeurs. C'est pareil sur M6. Le journal fait 30 minutes. Notre slogan c'est "à 13h vous savez tout, à 20h vous savez tout". Notre JT commence quinze minutes avant les autres. A partir de 20h, les téléspectateurs peuvent zapper mais nous, on préfère que les gens restent. On leur propose donc des sujets qui vont les faire rester. Dès 20h, on va avoir des sujets tendance et on va parler d'écologie, d'environnement, de mode, de gastronomie, de cinéma et de choses un peu plus magazine et un peu moins de hard news. C'est peut-être ça qui nous différencie des autres.

Pendant six mois, vous allez vous éloigner du micro de RTL. Ça ne va pas trop vous manquer ?Le challenge m'a motivé. Mais vous savez, M6, c'est de l'autre côté de la rue par rapport à RTL. J'ai juste traversé. La réflexion a été très rapide. Aujourd'hui, il y a peu de JT en France, encore moins de titulaires. Quand on vous propose ce poste-là, en réalité, ça ne se refuse pas. J'adore présenter des journaux, j'ai découvert, avec la télé, l'image que j'adore. Je ne connais pas beaucoup de mes confrères qui auraient dit non. Après, je quitte une famille et mon cocon radiophonique. Forcément, j'ai eu un petit pincement au coeur mais c'est temporaire.

En télé, tout peut aller très vite. Seriez-vous prêt à quitter RTL pour un poste à durée indéterminée sur M6 ?Je n'ai pas encore commencé alors c'est compliqué de répondre (il sourit). Kareen Guiock revient en septembre. Est-ce qu'elle reviendra au JT ou ailleurs dans le groupe ? Je n'en sais rien. Est-ce que si elle ne revient pas, on me proposera de rester ? Je n'en sais rien. Aujourd'hui, le défi est devant moi. J'espère que le journal sera bon et que les téléspectateurs seront satisfaits. Tout a été très vite. On m'a proposé ce remplacement il y a un mois à peine. J'ai encore du mal à me projeter sur du long terme.

Vous avez commencé votre carrière sur le terrain en tant que reporter. Ça ne vous titille pas d'y retourner ?C'est vrai que j'ai fait beaucoup de terrain. Sur RTL, j'ai fait 4 ans de reportage puis 7 ans au service politique. J'ai eu la chance de faire ça. Forcément, de temps en temps, ça me manque mais aujourd'hui je vais avoir 40 ans, j'ai deux enfants et j'ai envie de me poser. Le terrain impose beaucoup de contraintes et de sacrifices familiaux. A la fin de ma deuxième campagne présidentielle, j'étais rincé. C'est des tsunamis à vivre. J'ai choisi de faire autre chose pour le moment mais je ne dis pas "plus jamais" au terrain.

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