"Cash investigation" sur les Ehpad : Le fondateur de DomusVi vise Elise Lucet dans une lettre au "Figaro"

"Cash investigation" sur les Ehpad : Le fondateur de DomusVi vise Elise Lucet dans une lettre au "Figaro"Elise Lucet évoque Olivier Véran dans "Cash investigation" © Nathalie GUYON-FTV

, publié le 24 février 2022

Yves Journel s'est payé aujourd'hui une pleine page de pub dans "Le Figaro" pour s'en prendre à la future enquête de "Cash investigation" sur son groupe d'Ehpad.

Un numéro de "Cash Investigation" attendu. Le mardi 1er mars, France 2 programmera en prime time une enquête sur les dysfonctionnements dans les établissements d'hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad).

"Nous ne sommes ni des vautours, ni des oiseaux de mauvais augure"

Avant la diffusion, Yves Journel, fondateur de DomusVi , le troisième groupe d'Ehpad en France, a pris la plume dans "Le Figaro" de ce jeudi pour écrire à Élise Lucet. Reconnaissant d'emblée ne pas avoir répondu aux nombreux appels de la journaliste, il a préféré se payer une pleine page de publicité dans le quotidien pour lui répondre. L'homme d'affaires tente dans sa missive d'anticiper les "nouvelles révélations" de l'enquête de France 2. La journaliste a annoncé, il y a quelques semaines, que ce numéro serait en effet axé sur les dérives des groupes Korian et DomusVi.

Dans sa longue lettre s'intitulant "Lettre ouverte à Elise", Yves Journel est d'abord dans l'expectative. "Nous verrons bien ce que vous expliquerez le 1er mars à la télévision. Sachez que, pour nous, les résultats humains comptent avant tout (...) Mon but a toujours été d'assurer la satisfaction quasi unanime de nos clients fragiles", écrit-il, "déboussolé" après "trois semaines de battage médiatique sur nos pratiques". "L'appât du gain a-t-il conduit Domus Vi à des pratiques douteuses ? Je suis bien persuadé que non, bien sûr", ajoute-t-il ensuite, appelant dans le même temps à "dénoncer" les "exemples contraires".

Sur un ton plus défensif, enfin, il ajoute : "Nous ne sommes ni des vautours, ni des oiseaux de mauvais augure". Mais "nous devons multiplier les audits, les contrôles sur nous-mêmes, nous devons faire monter en puissance des contre-pouvoirs (...) mettre en place toutes les vigilances et le faire de la manière la plus exigeante", propose-t-il. Avant de conclure : "Je me sens un peu plus libre à la fin de cette lettre, mais je reste profondément affecté pour tous nos collaborateurs blessés".

La diffusion de "Cash investigation" avancée

Élise Lucet a, pour rappel, accéléré la diffusion de l'enquête de "Cash investigation", sur laquelle les journalistes de l'émission travaillent depuis un an, après la parution du livre-enquête "Les fossoyeurs" de Victor Castanet. Le journaliste indépendant dénonçait dans cet ouvrage les pratiques des établissements Orpéa, enseigne leader sur le marché.

"L'équipe de 'Cash investigation' se concentre sur l'enquête en cours depuis plus d'un an sur les Ehpad privés. Après 'Les fossoyeurs', attendez vous à de nouvelles révélations sur France 2", avait tweeté la journaliste, jeudi 3 février, pour justifier la déprogrammation de l'émission du mercredi 16 février, initialement consacrée à McDonald's. "On souhaite terminer le reportage le plus vite possible. La diffusion va être dans les semaines qui viennent", avait confirmé, le lendemain à l'AFP Emmanuel Gagnier, rédacteur en chef de "Cash investigation".

Invitée à réagir à cette longue lettre par puremedias.com, Élise Lucet n'a pas pu encore répondre à notre sollicitation. Il est à noter que ce n'est pas la première fois qu'un tel format de lettre est utilisé par des protagonistes mis en cause par "Cash investigation". En mars 2015, "" publiait ainsi la "lettre ouverte à Madame Élise Lucet" de Charles-Henri d'Auvigny, président de la F2iC (Fédération des investisseurs individuels et des clubs), après - et non avant comme Yves Journel - une enquête sur "les actionnaires prédateurs".

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