Après son arrêt sur Canal+, l'émission "L'effet papillon" veut renaître sur internet

Après son arrêt sur Canal+, l'émission "L'effet papillon" veut renaître sur internetBande-annonce du retour de "L'effet papillon" © DR

, publié le 15 novembre 2022

Le magazine international qui a fait les belles heures de Canal+ pendant 12 ans rencontre toujours un succès notable sur les plateformes avec d'anciens reportages. D'où l'idée de relancer la marque pour permettre aux journalistes de "L'effet papillon" de repartir sur le terrain.

"L'effet papillon" veut renaître de ses cendres. Quatre ans après l'arrêt brutal de cette émission de reportages dédiée à l'international sur Canal+, l'agence Capa (groupe Newen), qui a produit le programme pendant 12 ans, entend bien le relancer, mais cette fois uniquement sur internet. Un appel aux dons a été lancé ce mardi 15 novembre pour une durée d'un mois.

"Nous avons vu le succès des sujets mis en ligne perdurer"

Le but : obtenir 100.000 euros pour permettre le financement de six nouveaux reportages et donner un nouvel élan à la marque "L'effet papillon" qui n'a jamais vraiment disparu ces dernières années, comme l'observe auprès de puremedias.com Anthony Orliange, co-rédacteur en chef aux côtés de Franck Duprat. "Quand 'L'effet papillon' s'est arrêté, l'agence Capa a négocié avec Canal+ pour garder la propriété du concept et le titre de l'émission. On a cherché un autre diffuseur, mais cela n'a pas abouti. Et dans le même temps, nous avons vu le succès des sujets mis en ligne perdurer", retrace-t-il. De fait, la communauté "L'effet papillon" est forte aujourd'hui de plus d'un million de personnes, toutes plateformes confondues (Youtube, Facebook, Snapchat). Le compte lancé sur TikTok la semaine dernière compte déjà plus de 40.000 abonnés.

Autant d'arguments qui ont convaincu les deux rédacteurs en chef, déjà aux commandes à l'époque de Canal+, de relancer le concept en étant cette fois leur propre diffuseur, grâce aux plateformes. "L'idée de cet appel aux dons, c'est de mobiliser notre communauté", résume Anthony Orliange. Il faut compter environ 20.000 euros pour financer un reportage de "L'effet papillon". A raison de six sujets prévus, il restera un manque de 20.000 euros que l'équipe de Capa espère combler grâce à la future publicité générée par ces reportages.

Une immersion aux Etats-Unis pour débuter

Le journaliste Gary Grabli est déjà présent aux Etats-Unis pour s'intéresser à la répression contre les femmes menées par les militants anti-avortement. Il a prévu également de tourner un sujet sur des safaris organisés au Texas avec des fauves importés d'Afrique ou le retour de la censure dans les bibliothèques publiques américaines. Deux autres journalistes, Eve Mazet et Elisa Hélain, sont déjà prêtes à partir sur le terrain, respectivement en Suède et en Amérique latine. "La marque de fabrique de 'L'effet papillon', c'est d'aller dans des endroits du monde où personne ne va" souligne le co-rédacteur en chef. Avec une écriture repensée pour s'adapter aux caractéristiques de chaque plateforme. "Les journalistes incarneront encore plus leur sujet", promet Anthony Orliange.

L'agence Capa a déjà avancé le budget nécessaire pour ces reportages. Il s'agit donc d'un pari financier, avec le risque que la campagne de financement ne réponde pas aux attentes. "Si la somme n'est pas atteinte, ce sera plus compliqué pour la suite", reconnaît Anthony Orliange. Mais il en faut plus pour nous décourager...". Le futur modèle économique sera basé sur la publicité générée par les plateformes. "Peut-être que nous retrouverons à l'avenir un diffuseur ?", se prend à rêver le responsable.

Le premier reportage sera mis en ligne avant la fin de l'année. Toute l'équipe compte désormais sur le bouche-à-oreille pour "relancer la machine à reportages". Quitte à solliciter un petit message amical de la part des anciennes incarnations de l'émission que sont Victor Robert et Daphné Roulier...

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