Culture
10 photos

Coluche, un clown éternel en 10 sketchs

Trente-cinq ans après son décès brutal à moto, survenu le 19 juin 1986 à Opio, Coluche donne toujours à s'esclaffer ou à réfléchir avec ses sketchs acides d'une grande contemporanéité. Pour l'anniversaire de sa mort, retour sur dix de ses numéros ! "C'est l'histoire d'un mec..." ou plutôt d'une légende du rire.

  • © Sipa, Assouline 1/10

    "L'auto-stoppeur" (1976)

    Nourriture privilégiée des humoristes, les phénomènes de société ont la part belle dans leurs sketchs. Ne dérogeant pas à cette règle d'or, Coluche s'est accaparé certaines "tendances" avec panache. Ancêtre du co-voiturage, l'auto-stop était une pratique récurrente des années 1970. Les routes étaient envahies d'individus solitaires, ou en groupe, avec le bras tendu ou une pancarte en l'air. Celui interprété par l'humoriste est le pire spécimen : commentateur de la conduite de celui qu'il vient en aide, râleur, sans-gêne... Le cauchemar des automobilistes ! Archive non datée de Coluche de la collection Assouline.

    Elodie Falco, Jellyfish France

  • © Sipa, GINIES 2/10

    "C'est l'histoire d'un mec..." (1974)

    Premier sketch, premier coup d'éclat. Dans l'émission À bâtons rompus, diffusée le 20 avril 1974, un homme, vêtu d'un pantalon rose et d'un tricot sur lequel son nom est brodé, s'avance vers le micro en souriant timidement avant de réussir à déclamer : "C'est l'histoire d'un mec... Vous la connaissez, non ?" Avec ces balbutiements volontaires, sa gêne faussée, son histoire à dormir debout et sans queue ni tête, Coluche entre dans la légende de la comédie. Coluche sur scène lors d'un de ses spectacles en 1983.

    Elodie Falco, Jellyfish France

  • © BestImage, JLPPA 3/10

    "Le Chômeur" (1974)

    Avec des répliques caustiques toujours aussi modernes, Coluche s'attaque au sujet sensible du chômage : "Quand j'étais petit, je voulais être chômeur. Maintenant, je suis grand, je suis chômeur (...) Il y a déjà trois millions de personnes qui réclament du travail ... c'est pas vrai ! De l'argent leur suffirait." L'actualité sanitaire a fait connaître un énième regain d'intérêt à ce sketch intemporel. Portrait de Coluche en 1984.

    Elodie Falco, Jellyfish France

  • © Sipa, Rebours / Retro 4/10

    "Le Schmilblick" (1976)

    Désopilant ! Entouré de Guy Lux et Christine Dejoux qui se prêtent délicieusement au jeu, Coluche tourne en dérision le jeu télévisé iconique "Schmilblick". L'humoriste caricature des candidats tous plus hilarants les uns que les autres : Monsieur Moulineau venu promouvoir ses accessoires de pêche, le compagnon de la Libération Émile Duboudin ("Est-ce que le schmilblick a fait 39/40 ? Ça ne m'étonne pas se sont tous des planqués à la télévision !"), Papy puis Mamie Mougeot ("Est-ce que le schimili, schmilili, schlimili... le schmilblick"), Monsieur Ben Salem... Un deuxième sketch du même nom a également été enregistré avec un tout jeune Martin Lamotte dans le rôle du présentateur. Coluche dans l'émission Droit de réponse sur TF1, en octobre 1985.

    Elodie Falco, Jellyfish France

  • © Sipa, Christian Deville 5/10

    "Moi ça va" (1977)

    Le mot argot "beauf" est personnifié par Coluche dans son sketch "Moi ça va". L'humoriste campe un homme franchement étroit d'esprit et extrêmement ronchon, un stéréotype qu'il n'est pas rare de croiser dans sa vie et c'est peut-être bien pour ça que ce numéro fonctionne si bien ! Un florilège de répliques ne manque pas de faire sourire : "Les autres, je ne sais pas, mais moi ça va. Les autres, je ne sais pas, mais je m'en fous !", "Deuxièmement, je suis allé en vacances en Belgique et en Suisse... On n'est pas plus cons que certains ! C'est tout. Je ne citerai pas de nom", "Je suis pas raciste, j'ai des disques de Sidney Bechet"... Archive non datée parue pour la rétrospective de sa mort en 1986.

    Elodie Falco, Jellyfish France

  • © BestImage, Agence 6/10

    "Le CRS arabe" (1974)

    L'argent, la police, la politique, le racisme... Coluche a tout utilisé comme matière pour ses numéros acerbes ! Ici, un CRS arabe entre dans le bistrot. Au comptoir, une conversation sur les discriminations s'engage au bistrot avec un homme faible d'esprit. Un personnage de nigaud notamment rendu culte par ses fins de phrases répétitives : "Sans blaaaaague ! Meeeerde !" Coluche sur scène en 1977, lieu inconnu.

    Elodie Falco, Jellyfish France

  • © Sipa, Villard 7/10

    Son discours à la cérémonie des César 1984

    Récompensé pour sa performance mémorable dans "Tchao Pantin" (1983) de Claude Berri, Coluche grimpe sur la scène des César pour récupérer son trophée de meilleur acteur des mains de Pierre Richard. Ne pouvant pas s'empêcher de faire rire, le comique transforme son texte de remerciements en véritable sketch : "On m'avait dit que pour être comédien ou comédienne, ce n'est pas dur : il n'y a qu'à coucher avec le metteur en scène. Eh bah franchement, j'ai tout essayé. Il y en a quand même qui veulent mais... c'est pas les meilleurs, hein !", "Je pensais m'emmerder en venant mais en fait je me suis vachement marré quand je dormais pas" ou encore "Personnellement, j'avais voté pour Yves Montand en pensant que c'était Michel Serrault qui allait l'avoir". Coluche posant avec son César du meilleur acteur à la cérémonie de mars 1984.

    Elodie Falco, Jellyfish France

  • © Sipa, MUUS 8/10

    "Si j'ai bien tout lu Freud" (date incertaine)

    Coluche pointe du doigt la relation complexée des Français avec leur sexualité pour égratigner les moeurs renfermées de la société. Il faut dire qu'après avoir "tout lu Freud", le clown préféré du public tricolore a matière pour décrypter de fond en comble ce problème intime. "'Bi**', c'est un gros mot. Même si c'est une petite bi**. Coui***, c'est un gros mot", lâche-t-il avec un grand sérieux. Cul(te) en vue ! Archive non datée parue pour la rétrospective de sa mort en 1986.

    Elodie Falco, Jellyfish France

  • © BestImage, JLPPA 9/10

    "La Publicité" (1979)

    Remonté contre ce moyen d'influence des masses, Coluche démarre fort son sketch : "La publicité à la télévision s'adresse exclusivement aux débiles mentaux." S'ensuivent une ribambelle d'attaques qui provoquent toujours de nombreux éclats de rire, comme la charge à l'égard de la célèbre marque de lessive : "Le nouvel Omo, il lave moins bien que l'ancien Omo ? - Il lave plus blanc ! - Mais alors l'ancien Omo, il lave moins blanc ? - Non, il lave blanc - Moins blanc que blanc, je me doute que ça doit être gris clair." Immanquable ! Archive de Coluche en 1982.

    Elodie Falco, Jellyfish France

  • © BestImage, Agence 10/10

    "Le délégué syndical" (date incertaine)

    Les engagements de ce clown au grand coeur transparaissent à travers une multitude de ces textes acides comme "Le délégué syndicat". Les taxes, les crédits, le gouvernement, la démocratie... Autant de sujets sérieux traités d'un ton léger mais avec des mots impactants. "Le syndicalisme est à la société moderne ce que le mercurochrome est à la jambe de bois !", déplore Coluche. Archive non datée de Coluche.

    Elodie Falco, Jellyfish France

Liens commerciaux