Langue des signes : est-elle universelle ?

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Dans le monde, on compte environ 70 millions de personnes pratiquant la langue des signes.
Dans le monde, on compte environ 70 millions de personnes pratiquant la langue des signes.
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© Adobe Stock, Daisy Daisy

Le 23 septembre 2021 marquera la Journée internationale de la langue des signes, un langage pratiqué par environ 70 millions de personnes dans le monde. Pour autant, la langue des signes employée est-elle la même partout ? Sans plus attendre, voici quelques éléments de réponse.

Une pluralité de langue des signes

Utilisée par de nombreuses personnes dans le monde entier, la langue des signes est pratiquée aussi bien par des personnes malentendantes et muettes que par des entendants. Foisonnante, elle fait appel aux signes formés avec les mains et les doigts mais aussi aux expressions du visage. Toutefois, et si l'on parle bien de Journée internationale, il est important de dissiper un mythe : non, la langue des signes n'est pas universelle. En effet, il serait plus correct de parler des langues des signes puisqu'il en existe en réalité une multitude.

Des similarités d'une langue à une autre

Toutefois, il est intéressant de savoir que les langues des signes font appel à une grammaire plus ou moins commune et que c'est principalement le lexique qui varie d'un pays à un autre. Chaque variante comprend ses propres particularités et la manière de signer un mot reflétera généralement la culture du pays d'origine.

Néanmoins, on constate également que certains mots conservent le même signe d'une langue à une autre. C'est par exemple le cas du mot "balle", qui se signe de la même manière dans la plupart des pays. Ces points de correspondance font qu'il sera donc assez aisé pour un pratiquant d'une langue des signes de comprendre les rudiments d'une autre variante.

Le difficile parcours de la langue des signes en France

Il est difficile de retracer de manière précise l'origine de la langue des signes puisque, de tout temps, les personnes sourdes ont cherché des moyens de communiquer entre elles. Toutefois, en France, on peut situer l'origine de notre système actuel à la deuxième partie du XVIIIe siècle. C'est en effet à partir de 1760 que l'Abbé de l'épée, un prêtre français entendant, commence à s'intéresser à la manière de communiquer des sourds-muets en observant deux soeurs sourdes communiquer entre elles par des gestes.

L'homme d'église décide alors d'adapter ce langage en y ajoutant des notions grammaticales afin de pouvoir enseigner aux enfants sourds. Il ouvrira par la suite l'Institut national des jeunes sourds à Paris, devenu l'Institut Saint-Jacques. Aujourd'hui, l'Abbé de l'épée reste considéré comme le père de la LSF, la Langue des Signes Française. Celle-ci a toutefois eu du mal à exister à différentes reprises. En effet, en 1880, la LSF s'est vue interdite suite au Congrés de Milan. Motif ? On l'accuse de ne pas être une vraie langue et de ne surtout pas permettre de s'adresser à Dieu. Il faudra à peu près 100 ans pour qu'elle soit officiellement réhabilitée, bien qu'elle n'ait en réalité jamais disparu au sein de la communauté sourde.

LSF et dialectes régionaux

De nos jours, la LSF est pratiquée par environ 170 mille personnes de par le monde, dont cent mille rien qu'en France. À noter : la LSF est aussi la langue de référence dans les régions francophones de la Suisse, même si elle tend à comporter quelques spécialités régionales. Sur ce même registre, on peut d'ailleurs remarquer que la LSF comprend au moins un dialecte régional identifié : "la langue des signes de Marseille", employée dans plusieurs villes du sud de la France. En effet, à l'image des signes inventés - notamment pour désigner une personne - les langues des signes sont avant tout des langues incroyablement vivantes puisqu'elles demeurent en perpétuelle évolution et ne cessent de s'enrichir.

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