Grève : retour sur cette action collective née au XIXe siècle

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Le principe de la grève est né en France.
Le principe de la grève est né en France.
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Valorisation des salaires, sécurité des ouvriers, réduction du temps de travail... Les mouvements ouvriers utilisent la grève comme un outil pour protester contre une organisation du travail oppressante, contester le système capitaliste et affirmer un contre-pouvoir. Retour sur l'histoire d'un mécanisme qui a marqué l'histoire de France.

En France, la grève est quelque chose dont tout le monde a déjà entendu parler. Et ce, en tant que participant, ou en subissant ses conséquences. Une grève est une action collective de cessation du travail concertée par les salariés d'une entreprise, ou d'un domaine professionnel. Mais ce type d'action n'a pas toujours été autorisé dans notre pays. Sous la Révolution et l'Empire, la grève était interdite et sanctionnée pénalement. Tout a changé en 1864 avec la loi Ollivier qui permet pour la première fois aux salariés d'arrêter de travailler sans risquer d'être punis.

À quoi sert la grève ?

Cette nouvelle forme de manifestation permet dès lors aux travailleurs de faire connaître leurs revendications sociales et économiques. Dans le courant du XIXe siècle, les mobilisations ouvrières sont extrêmement soutenues et en découlent de grandes avancées sociales. Autorisation de former des syndicats professionnels, indemnisation des accidents du travail ou encore limitation du temps de travail : si cela semble lointain, l'acquisition de ces droits sociaux est fondatrice de la législation du travail actuelle.

En effet, la grève permet à la fois la défense des revendications urgentes mais aussi l'inscription dans une mouvance révolutionnaire et universelle à long terme. Quand le rapport de la grève à la population change, son rapport aux pouvoirs publics change également. Traditionnellement, l'État décidait de l'intervention des forces de l'ordre pour faire cesser les grévistes. Aujourd'hui, il est attendu de lui qu'il incite le patronat à négocier, voire qu'il se substitue à un employeur défaillant. Sans compter l'impact considérable de la couverture médiatique des actions de grèves qui mettent en lumière certains conflits au détriment d'autres. En bref, la grève, c'est le moyen idéal pour les ouvriers de se faire entendre et de faire bouger les choses.

Qui a inventé la grève ?

Mais au juste, d'où vient la grève ? Cocorico, le principe est français ! Si la loi Ollivier a dépénalisé le droit de grève en 1864, les fonctionnaires n'avaient pas pour autant le droit de faire grève. Tout a changé en 1884, grâce à la loi Pierre Waldeck-Rousseau. Cette dernière autorise la formation de syndicats et permet de compléter le cadre législatif de ce genre d'action. En 1895 se créée une Confédération générale du travail - la CGT est née. Enfin, au début des années 1900, cette offensive de la classe ouvrière se renforce et la grève générale est alors érigée en principe fondateur du mouvement ouvrier. Et depuis, la grève continue d'évoluer, en fonction de ses utilisations successives par des groupes professionnels différents.

La grève à travers le monde

Si l'amour des Français pour la grève est incontestable, ce n'est pas le cas dans tous les pays du monde. Dans d'autres pays européens, comme la Suède et la Finlande, la grève est interdite si le gouvernement estime qu'elle est "dommageable" pour la société. Enfin, les gouvernements allemands et danois interdisent la grève aux fonctionnaires, une "contrepartie" à la garantie de l'emploi à vie. Aujourd'hui, il existe encore une cinquantaine de pays où faire grève est totalement interdit et sévèrement réprimé. C'est particulièrement le cas en Corée du Nord, au Qatar et en Arabie Saoudite.

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