Euthanasie : on en est où ?

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En France, l'euthanasie fait toujours débat.
En France, l'euthanasie fait toujours débat.
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© Adobe Stock, Soonthorn

Le débat sur l'euthanasie demeure encore en 2018 un vrai sujet de société. Et alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour demander de nouvelles avancées pour le droit à mourir dans la dignité, qu'en est-il vraiment ?

"Quand on est très vieux, bourré de médicaments et de somnifères, on n'a plus la force de dire ce qu'on veut : c'est pour ça que je veux prendre cette décision à temps. Je n'ai pas envie qu'on la prenne pour moi", confiait fin août dernier Jacqueline Jencquel à Franceinfo. Cette militante septuagénaire de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) a fait le tour des médias pour évoquer sa propre mort, qu'elle a planifié pour janvier 2020 en Suisse. Car le suicide assisté reste illégal en France, passible de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

Que dit la loi Leonetti ?

Adoptée en 2005, elle a instaurée la fin de l'acharnement thérapeutique. Elle a depuis été révisée plusieurs fois. Sa dernière modification date de 2016 et concerne le "droit à la sédation profonde et continue", permettant de soulager la souffrance du patient en fin de vie. On arrête les traitements de maintien en vie - dont l'hydratation et la nutrition -, et on utilise des soins palliatifs. Un patient en fin de vie peut ainsi, en l'ayant demandé de façon anticipée, être endormi jusqu'à son décès mais les médecins n'ont en aucun cas le droit de provoquer sa mort.

Euthanasie active, passive et suicide assisté : quelles différences ?

L'euthanasie active - pratique médicale toujours interdite en France mais légale en Belgique et dans d'autres pays -, met fin à la vie d'une personne malade à sa demande, en injectant une substance létale, dans le but d'abréger des souffrances devenues insupportables. Elle diffère de l'euthanasie passive, où c'est l'arrêt des soins d'une personne en fin de vie qui entraîne la mort, et du suicide assisté - autorisé en Suisse -, qui est un acte létal déclenché par le malade lui-même, bien qu'il soit mis en place avec l'aide du corps médical.

Combien d'euthanasies en France ?

En France, selon les chiffres de l'Ined, le nombre de personnes en phase terminale qui choisissent l'euthanasie passive se situe entre 2 000 et 4 000. En février 2018, une tribune parue dans Le Monde et signée par 156 députés demandait au gouvernement d'agir pour un nouveau texte à adopter "sans délai" afin de "mieux encadrer les droits et la liberté de mourir des personnes en fin de vie", affirmant qu'on ne mourrait "pas bien en France" et que de nombreux citoyens atteints de maladies incurables partaient décéder dans un pays où c'était possible. Pour le moment, Emmanuel Macron et ses ministres ne se sont pas décidés de légiférer.

L'écrivaine Anna Bert, atteinte d'une maladie incurable, est décédée en octobre 2017 en Belgique, d'une injection létale, ainsi qu'elle l'avait souhaité. Dans son livre posthume "Le tout dernier été", elle racontait sa vie, devenue "un drame absolu" et écrivait : "Un malade incurable n'a aucun devoir. Je ne nuis à personne en assumant mon choix, je ne fais aucun tort à ceux qui acceptent de vivre l'enfer." L'auteure avait également écrit cette phrase qui résumait son choix : "Puisque la mort fait partie de la vie, à défaut d'être gaie, elle mérite d'être belle et non souffrante."

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