Pourquoi mange-t-on des beignets pendant Mardi Gras ?

Chargement en cours
Ce mélange de farine, de sucre, de beurre et d'huile de friture est devenu l'égérie calorique de ces réjouissances.
Ce mélange de farine, de sucre, de beurre et d'huile de friture est devenu l'égérie calorique de ces réjouissances.
1/2
© iStock, gwenael le vot
A lire aussi

À chaque Mardi Gras, c'est la même histoire. On se remplit la panse avec de délicieux beignets, croustillants ou moelleux, sans se poser de questions. Mais pourquoi mange-t on ces plaisantes fritures ?

Fêté tous les ans un mardi, le jour précédant le début du Carême pour les catholiques, marqué par le mercredi des cendres, l'événement est synonyme d'une abondance qui se traduit par des festins et des carnavals. Cette date est la célébration d'un renouveau. L'hiver se finit, le printemps arrive et annonce la "fin des sept jours gras" avant l'entrée dans une période de jeûne, pour les croyants pratiquants.

Le beignet, star de la tradition : d'où ça vient ?

Parfois surnommée "fête du printemps", elle offre la possibilité de consommer un maximum de graisses. Pendant le Carême, ces dernières sont proscrites. Au cours de cette période de quarante jours, il est recommandé de manger léger, d'éviter les viandes et autres produits d'origine animale. Cette durée correspond au nombre de jours que Jésus a passé dans le désert, jusqu'à Pâques. Avant la privation, on mange riche pour cuisiner les restes, écouler les stocks. Ces douceurs permettent, à fois, de faire des réserves et de se faire plaisir. Et quoi de plus graisseux qu'un beignet ? Ce mélange de farine, de sucre, de beurre et d'huile de friture, auquel on peut ajouter des oeufs puis aromatiser avec de la fleur d'oranger, est devenu l'égérie calorique de ces réjouissances.

Cette sur-consommation coïncide avec la période de carnavals car l'étymologie latine du mot "carne levare" signifie "ôter la chair/viande". Ces petites gâteries comme ces instants de parades musicales se sont imposées, au fil des années, dans la tradition populaire. Mardi Gras est ancré dans les coutumes puisqu'il est célébré partout dans le monde (ou presque).

Chaque région française déguste le sien

Avant l'abstinence, ou même sans suivre les règles du catholicisme, on en déguste sans limite. Ces friandises rondouillardes et huileuses ont nombreuses variantes régionales. Les formes et compositions sont diverses. Les habituels beignets sont concurrencés par leurs cousins lyonnais : les croustillantes bugnes. Le terme provient de l'arpitan "bunyi" qui signifie, littéralement, "beignet". Elles se déclinent en deux sortes : les plates et fines, les dodues et moelleuses. La capitale des Gaules en a fait une de ses spécialités sucrées. En Franche-Comté, impossible de passer à côté des pets de nonne. La légende veut que cette recette eut été inventée par une religieuse désireuse d'instaurer la paix avec un couvent voisin. En Provence, il y a les oreillettes, ces fritures parfumées de zestes de citron ou de fleur d'oranger dont on trouve l'équivalent bordelais sous le nom des "merveilles".

À Nantes, ces craquants mets culinaires, ou bottereaux, se cuisinent avec du beurre salé. Leurs voisins vendéens, eux, les aromatisent avec du rhum et les nomment tourtisseaux. Du côté de Nice, la pâte frite prend une forme de ruban noué. Les ganses en sont le résultat. Dans le Nord et plus spécialement à Lille se dégustent les croustillons à la bière, saupoudrés de sucre. Bien qu'ils soient également dévorés à Mardi Gras, les gaufres, donuts et chichis ne font pas le poids face au roi du gras !

Vos réactions doivent respecter nos CGU.