Pourquoi le café pourrait bientôt disparaître ?

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Les lieux propices à la production de café pourraient diminuer de plus de 50% d'ici 2050.
Les lieux propices à la production de café pourraient diminuer de plus de 50% d'ici 2050.
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Marine de Guilhermier

Ces dernières années, plusieurs études ont démontré que le café était, comme de nombreuses autres espèces végétales et animales, en voie d'extinction à cause du réchauffement climatique et de la déforestation. De quoi inquiéter tous les amateur de ce délicieux breuvage.

Impossible pour vous de construire une phrase entière le matin avant d'avoir bu votre café ? Vous ne finissez jamais un déjeuner au restaurant sans un petit expresso ? Vos habitudes pourraient bien devoir changer dans les prochaines décennies, le café étant désormais une denrée en danger. En août 2016, une étude australienne publiée par The Climate Institute indiquait en effet que "sans actions fortes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique devrait réduire les lieux qui peuvent accueillir des plantations de café de 50% d'ici 2050" et ajoutait que "d'ici 2080, le café sauvage, une ressource génétique importante pour les fermiers, pourrait avoir disparu". En septembre 2017, une étude de la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences faisait des prévisions encore plus alarmantes en assurant que les lieux appropriés à la culture du café en Amérique latine auraient diminué de 73 à 88% d'ici 2050.

L'arabica et le robusta pas épargnés

En janvier 2019, une autre étude sur le sujet, menée par des scientifiques du jardin botanique de Kew au Royaume-Uni, a été publiée sur le site Science Advances. "La principale menace qui pèse sur les différentes espèces de café est la déforestation, et c'est parce que la plupart des espèces de café poussent en forêt", y indique notamment l'un des chercheurs, Aaron P. Davis. La déforestation et le réchauffement climatique sont donc les deux ennemis principaux du café, et notamment des deux espèces les plus cultivées au monde et donc commercialisées : l'arabica et le robusta. La première supporte mal les fluctuations de températures et particulièrement les fortes températures ; quant à la seconde, elle est sensible aux sols secs. Des défauts que des croisements génétiques avec des espèces de café sauvage pourraient gommer, le problème étant qu'ils sont eux aussi en danger d'extinction.

Des changements déjà amorcés

L'étude de 2016 du Climate Institute expliquait d'ailleurs que certains pays avaient déjà vu leur production de café diminuer, comme la Tanzanie, où "elle a baissé de 137 kilos par hectare à chaque fois que la température a augmenté de un degré". Ce qui équivaut à un déclin de 50% depuis les années 1960. D'autres pays comme le Guatemala et la Colombie ont aussi connu des difficultés liées au réchauffement climatique dans leur culture de café au cours de la dernière décennie.

Et si ces changements signifient moins de café pour les amateurs de cappuccino et autres latte, cela veut aussi - et surtout - dire un manque à gagner énorme pour les producteurs, qui sont souvent des petits propriétaires. Le rapport rappelle que "120 millions de personnes dans plus de 70 pays" vivent grâce à la culture de ces fameuses graines et que tous ces individus pourraient donc se retrouver sans revenu en cas d'extinction du café.

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