La viande dans nos assiettes bientôt développée en laboratoire ?

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Les scientifiques développent de la viande in vitro à partir de cellules souches, au coût exorbitant.
Les scientifiques développent de la viande in vitro à partir de cellules souches, au coût exorbitant.
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© Adobe Stock, New Africa

Jessica Xavier

Entre scandales alimentaires et bien-être animal, manger de la viande fait de moins en moins recette. Et se pose depuis quelques temps la question de la viande artificielle développée en laboratoire.

Faut-il manger les animaux ? La question fait débat. Que l'on soit carnivore par passion, antispéciste par conviction ou sans avis tranché, un point met tout le monde d'accord autour de la table des discussions : l'humanité ne peut pas continuer à produire et consommer de la viande comme elle le fait actuellement. Le mode de production intensif des animaux menace l'environnement et une consommation excessive de viande cause de vrais problèmes de santé publique (obésité, maladies cardiovasculaires...). Pour tenter de palier ces écueils, certains industriels développent des recettes de viande artificielle. Loin des cuisines, c'est en laboratoire que tout se joue.

La fausse viande

Pour préserver les animaux d'une vie de misère et d'une mort encore plus terrible : et si la solution se trouvait dans les laboratoires ? Certains scientifiques ont commencé à cultiver des cellules musculaires pour produire de la viande in vitro à partir de cellules souches. Dans un entretien accordé à l'INRA le scientifique Jean-François Hocquette, qui a coordonné la publication d'une revue sur la question, explique que cette viande est encore bien loin d'un vrai muscle. Elle se rapproche plus d'un amas de cellules musculaires qui ont besoin pour se multiplier d'un mélange d'hormones, de facteurs de croissance, de sérum de veau foetal, d'antibiotiques et de fongicides. Rien de très appétissant. D'ailleurs, pour recréer le goût de la viande, un assaisonnement est nécessaire.

Toutefois, cette viande factice n'est pas la panacée. Car sa production n'évite pas la maltraitance animale (pour récupérer ce sérum foetal). Les animaux ne seront peut-être plus tués par milliard comme actuellement, mais un bon nombre sera toujours utilisé pour la consommation humaine. Par ailleurs, l'avantage pour l'environnement pourrait être assez minime selon le scientifique Hocquette. Pour le moment, il est difficile d'estimer l'impact environnemental d'une telle industrie. Une chose est sûre, elle risque d'être très chère et ne permettra certainement pas de nourrir l'humanité. Le coût de fabrication du premier steak in vitro en 2013 était de en effet 250 000€ ! Pour apporter à la population mondiale sa ration quotidienne de protéines il existe des solutions moins onéreuses.

Les simili-viandes

Pour remplacer la viande en pesant moins sur l'environnement, cap sur les produits dits simili-carnés. Ces aliments qui ressemblent à de la viande mais n'en sont pas, comme les boulettes de falafels, les steaks de soja, les saucisses végétales. Souvent à base de soja et ou de légumineuses, ils apportent une solution aux flexitariens comme aux végétariens. Mais comme la fausse viande, tous ces produits s'apparentent plus à de la viande hachée qu'à une vraie entrecôte ou une côte de porc.

Les simili-viandes sont déjà au menu de bon nombre de français. Pour la viande développée en laboratoire, si les États-Unis en ont d'ores-et-déjà autorisé la vente, en France ce n'est pas pour demain. Les hormones de synthèses utilisées pour fabriquer la viande en labo ne sont en effet pour le moment pas autorisées dans l'hexagone et ni au niveau européen.

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