Abricot : bientôt impossible de l'acheter chez le producteur ?

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En vacances, en week-end, il est toujours agréable d'acheter ses abricots en vente direct aux exploitants.
En vacances, en week-end, il est toujours agréable d'acheter ses abricots en vente direct aux exploitants.
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© iStock, vicuschka
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Et si c'était la fin de la vente directe d'abricots ? La Confédération Paysanne assure qu'il sera bientôt impossible pour les exploitants de vendre leurs abricots en circuit court. En cause, une norme imposée par l'interprofession (Interfel).

Vous aimez acheter directement votre cageot d'abricots chez votre petit producteur du coin ? Profitez-en cet été car il n'est pas sûr que vous puissiez encore le faire l'année prochaine. Une norme imposée aux paysans pourrait bien les forcer à abandonner ce mode de vente.

Une norme coûteuse

La saison des abricots est sur le point de démarrer et elle a déjà un goût amer pour les producteurs de fruits et légumes. La Confédération Paysanne alerte : acheter ses abricots à la ferme ne sera bientôt plus possible. Dans un communiqué datant de mai 2019, la Confédération dénonce une nouvelle norme qui imposera l'achat de matériel coûteux pour pouvoir faire de la vente directe : "Il s'agit d'imposer à la vente directe d'abricots les règles de calibrage et d'emballage actuellement en vigueur pour les détaillants. Pour satisfaire les contrôles, les paysannes et paysans vendant leurs produits en direct seront obligés de s'équiper en matériel de calibrage coûteux et de sceller tous les abricots à confiture dans des emballages fermés." Pour l'organisation, si ces obligations ont un intérêt en circuit long, elles n'en ont aucun en circuit court, pire elles seraient mortifères : "Elles vont entraîner une augmentation du temps de travail et des investissements supplémentaires inutiles."

L'interprofession réagit

Par la voix de Daniel Sauvaitre, Secrétaire Général, Interfel a tenu à répondre à la polémique dans les colonnes du Figaro. Il assure que cette norme déjà établie depuis plusieurs années ne remet pas en cause la vente directe d'abricots sur les exploitations : "Cet accord ne remet pas en question la vente sur l'exploitation. Quand je vends sur mon exploitation, quand je reçois chez moi les consommateurs, je ne suis pas gêné par cet accord. En revanche, dès que je vais sur les étals des marchés, ou d'un fruitier ou de la grande distribution, je suis tenu de respecter cet accord qualitatif." Un accord qui a selon lui l'objectif d'obtenir "une meilleure valorisation" des abricots en imposant un calibre minimum pour les fruits à la vente. La question est maintenant de savoir si ces calibres sont vraiment déterminants pour les acheteurs qui se déplacent sur les exploitations. Un calibrage est probablement justifié (quoi que ?) dans les grands supermarchés, mais on peut penser que les consommateurs qui se rendent directement chez l'exploitant sont en quête d'authenticité et qu'ils sont peut-être un peu moins attachés à trouver des abricots, calibrés, beaux, quasiment parfaits.

Mais au-delà de la reconduction de cette norme qui va imposer de nouveaux contrôles, les producteurs se battent également contre la concurrence à bas coût des autres pays européens. Ils réclament la mise en place en Europe de "prix minimum d'entrée" qui interdirait à un pays voisin d'exporter ses produits en dessous d'un certain prix. Une façon de réduire les écarts de prix dans un secteur où la main-d'oeuvre représente facilement 50% du coût.

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