"Couvre-feu digital" : la solution au manque de sommeil des ados ?

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Avant de s'endormir, les jeunes passent en moyenne une heure face à un écran.
Avant de s'endormir, les jeunes passent en moyenne une heure face à un écran.
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© Adobe Stock, De Visu
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Marine de Guilhermier

En même temps que les écrans ont envahi le quotidien des jeunes du monde entier, leur temps de sommeil a diminué. Pour lutter contre ce phénomène, les médecins de l'Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) préconisent d'instaurer un couvre-feu digital. Explications.

En mars 2018, à l'occasion de la 18e Journée du Sommeil, l'INSV publiait une étude alarmante sur le sommeil des 15-24 ans. Cette enquête OpinionWay menée auprès d'un échantillon représentatif de la population française de la tranche 15-24 ans, du 13 au 28 décembre 2017, et réalisée pour l'INSV et la MGEN (Mutuelle Générale de l'Éducation Nationale), révèle que 88% des jeunes estiment manquer de sommeil. "Près de 4 jeunes sur dix (38%) dorment moins de 7 heures par nuit en semaine alors que la recommandation dans cette tranche d'âge est de 8h", précise la Présidente de l'INSV, le Dr Joëlle Adrien, dans le communiqué. Et si les jeunes Français dorment si peu, c'est notamment à cause des NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication).

Connectés jusque dans le lit

En effet, l'INSV assure dans son communiqué que "99% des jeunes utilisent régulièrement les NTIC et 8 jeunes sur 10 déclarent passer plus d'une heure dans leur lit avant d'éteindre la lumière pour dormir". Ainsi, une fois sous les couvertures, 83% des adolescents continuent à utiliser leurs écrans que ce soit d'ordinateur, de smartphone ou de tablette, ce qui les met "dans un état de tension et d'excitation qui nuit au ralentissement nécessaire à l'instauration du sommeil", explique Marie-Pia d'Ortho, pneumologue à l'hôpital Bichat (AP-HP) dans un entretien au Figaro. Sans compter que la lumière bleue émise par ces appareils dérègle l'horloge biologique et retarde, elle aussi, l'endormissement.

Réguler son utilisation des écrans

C'est pour cela que l'INSV recommande un couvre-feu digital. Dans la pratique, cela veut dire éteindre tous les appareils numériques une heure avant d'aller se coucher et pour toute la nuit. Car un téléphone connecté à proximité du lit peut encore causer des troubles du sommeil. Au lieu de surfer sur les réseaux sociaux ou de regarder la dernière série à la mode, il est alors conseillé aux jeunes de s'adonner à des activités plus apaisantes comme la lecture ou l'écoute de musique.

Les autres solutions pour mieux dormir

Bien sûr, les écrans ne sont pas les seuls fautifs dans le manque de sommeil des ados et d'autres règles doivent être respectées pour qu'ils jouissent enfin d'un sommeil réparateur. L'INSV préconise ainsi des horaires de coucher et lever réguliers. Dans la mesure du possible, il faut donc que les jeunes se couchent à la même heure le week-end qu'en semaine et qu'ils ne décalent pas leur heure de réveil. Par ailleurs, pratiquer 30 minutes d'activité physique tous les jours, favorisera un meilleur sommeil, à condition de ne pas s'y mettre après 20 heures pour ne pas perturber l'endormissement. Enfin, il faut limiter les boissons énergisantes qui, si elles diminuent un temps la fatigue, finissent par retarder l'endormissement et augmentent les réveils nocturnes.

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